Bloc – 1

Naître entre-deux, presque îlien. Pourtant ne pas aimer la mer ou seulement de l’autre côté. Dire terre opposée. Le fleuve s’en va loin sans être image du savoir, seulement des eaux formidables. Compte le bord avec sa grève de galets ternes, décolorés, son faux sable et des herbes pugnaces. Compte le corps, le tien grêle à innocenter. Il n’est pas un dieu puni par des immensités en carton percé d’yeux et de bouches, ni l’oubli ou la mort, l’angoisse tard peut-être à traverser. Les têtes de poissons sont des milliers de ponts qui regardent. Aucun désir de passer. Il y a des branches toutes penchées, que l’angle attire et l’on se poste au juste écart, d’elles, de l’un l’autre aussi, pour que les fils ne s’emmêlent. On ne regardait les côtés, il avait le visage devant, sans parler. On vivait le face à nous immobile tandis que le flot s’en allait n’importe où dans l’indifférence.

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