Recours aux forêts

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Suite à l’article de Reporterre qui alerte sur la remise en cause de l’ONF par le gouvernement, en vue de privatiser la gestion des forêts, Laurent Margantin a mis en ligne sur son site Œuvres ouvertes un appel : Le recours aux forêts. En soutien aux actions syndicales en cours pour sauver le service public des forêts menacé de disparition, il lance une Bibliothèque forestière (ou BNF, Bibliothèque Nomade Forestière), invitant «chaque blogueur.se à composer sa propre anthologie de textes sur les forêts », cherchant « à travers cette bibliothèque à ouvrir un espace d’écriture et de parole le plus large possible, dédié à ce qui nous tient le plus à cœur : la beauté des forêts à préserver, à faire vivre en commun, hors de toute logique productiviste à court terme. » Œuvres ouvertes relaiera le lien des textes, ressources audio et vidéo, dans un sommaire qui sera actualisé durant l’été, ainsi que « toute initiative personnelle/locale »

Sur Chemin tournant, cette bibliothèque nomade forestière s’ouvre avec un très beau texte d’Antoine Maine.

Comme la forêt

Tu es comme la forêt
d’un autre pays

où coulent les ruisseaux
aux lèvres des oiseaux

Tu viens de ce temps
dont les arbres sont la mesure

Ici les années s’alentissent
dans la lumière des sous-bois
et les fougères
ont l’âge des pierres

De tes épaules rondes
monte la brume
elle qui connaît chaque lisière

elle qui nous rend les chemins
que l’on savait disparus

***
A l’arrière des forêts
les loups gris les renards
croisent la trace des hommes nomades

Ils ont marché le jour la nuit le jour
et leur chemin est d’herbe jaunie

À leurs longs bras qui ballent
s’accrochent encore les rivières
d’un autre pays

et sur leur tête haute
le ciel est en équilibre

Vont de vallée en vallée
jusqu’à celle qui sera
grande assez pour y planter
les arbres les lianes
et les fleurs à colliers

***
L’ombre a glissé
des épaules de la nuit

maintenant les animaux
s’avancent

un à un
dans la lumière pâle
tombée des planètes

***
De la lointaine forêt
nous n’avons plus la mémoire

Seulement dans l’aube parfois
cette peine à nos membres fatigués
cette ancienne souffrance des branches
à qui la lumière un jour
a fait défaut

Antoine Maine

Site de l’auteur
De passage

 

Bibliothèque sonore

 

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