Dormir au milieu des grillons

Je me tape un peu triste le carrefour de l’A. On a malgré tout des repères : une pharmacie, les pépinières, où l’on arrose contre quelques jetons, la route qui part vers la mer. Pourquoi cet endroit, non l’envers, et marcher longuement jusqu’au vide, à l’étale. Moins sentir peut- être la morsure rapide d’un coït, au retour de nuit, dans la chair. Franchir les illuminations. Sans croire qu’on est un criminel. Un traineur de bas-fonds. Du cliché-surface (les étoiles pendues, les flocons) pourrait poindre quelqu’un, sa parole, illégale. Qui aurait été battu lui aussi, pour une autre raison, sans avoir fait de mal.

Éros Sambóko #45

Durée, séquence, mes pieds dans les ordures et l’optique qui s’efface (l’imperspective sur l’écran, seul le ton, l’écoute, d’ailleurs elle m’appelle – pour me dire quoi, qu’elle ne sait plus ce que ses mains ce que ses doigts, tu verras nous serons tranquilles – je dis que non jamais vraiment). Que je suis plaie, à l’instant même. Qu’il y a l’oiseau de couleur crème. Que la nuit brise. Que l’on m’attend. Pour une fois rester, défaire, dormir au milieu des grillons, à flanc de monticule, il est tard de toute façon, quitter là quand le soleil, trouver tes affaires sur le seuil, gisantes, et que l’enfant n’habite plus sous les branches de la femme mère (à qui je dois six mois de location).

Éros Sambóko #46

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