à partir de, sommeil

Nous chantons (presque) toujours le même cantique. Il se produit un endormissement. Vivons corporellement les saisons, avec dans l’œil un morceau de lumière, un bout de soleil d’ailleurs, mais il n’y a plus personne autour de soi ou seulement des formes qui se meuvent lentement, à petits pas, dans l’allée où tout le monde va. Écoutons des paroles sans qu’elles nous atteignent, ce sont techniquement des phrases et rien d’autre. Parfois vient la musique, qui nous sort du sommeil d’ici-bas, nous entraîne au fond.

[Foire_internationale_de_Lyon___Palais_de_la_Foire,_quai_Achille-Lignon,_vers_1950]

Photo Jules Sylvestre, bibliothèque municipale de Lyon, licence CC

à partir de, vague

Vague.
Le mot répété change de genre et de sonorité,
n’est jamais identique, provoque et subvertit la mémoire.

Les choses en elle, la mémoire, tout ce fatras de notre je historique, que font-elles en ce lieu où notre vie se recompose à sa guise, où « c’est tout aussi vrai » puisque c’est toi quand même, mais toi hors des préfabrications et de ta fausse maîtrise. Se rient de moi, se jouent d’elles, disent qu’on ne peut écrire sans partir de soi. Je suis honteux parfois de les pêcher de nuit à la ligne de fond, de guetter durant des heures un frémissement du fil, étant absent de toute imagination. Tu sais bien qu’elles mordent si ça leur chante, tu n’amorces pas, tu n’es pas un auteur.

P0702Photo Georges Vermard, bibliothèque municipale de Lyon licence CC

à partir de, dans

Remonter au tant d’octobre de telle année et faire face au premier mot, dans pour dire au sein de. Ici dans la forêt signifie se retrouver sous les arbres et sur un lit de feuilles et de fourmis. Mourir c’est retourner à, vivre c’est être dans. Nous disons je suis dans, enfoui jusqu’à, enserré, perdu, dans l’angoisse plus souvent qu’angoissé ou dans la condition humaine, comme si cela nous était imposé et que nous dépendions de survenues en lesquelles sommes malgré nous plongés. Je sais que « dans », au regard de la langue française… Quelqu’un me remarquait (sic) la manie de dire aujourd’hui dans l’homme. « Sous un bonheur très vague » serait plus juste mais moins heureux et plus loin il y a Sous les grandes façades de pierre méchantes. J’écris résolument : Dans un bonheur très vague, on allait au zoo.

[Les_daims_du_Parc_de_la_Tête-d'Or]Photo Marcos Quinones, bibliothèque municipale de Lyon, licence CC