Chemin tournant

Serge Marcel Roche

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  • Aminabdou

    lui n’est pas Abdoulai,
    j’ignore qui est Aminatou,
    il est adossé au pilier
    d’un amour inconnu de nous,
    souffrant de fièvre quarte
    et seul comme à terre
    une babouche bleue

    tirage papier, vers 2006
    29 mars 2016

  • MA VIE AU LE VILLAGE
    EST FERMÉ CE DIMANCHE
    POUR CAUSE D’ENNUI

    le chef dit que les sauvages et dépaysés peuvent lire
    Les Cosaques des Frontières
    26 mars 2016

  • le ravaudeur,


    Hervé Chesnais

    Transparentes de Croncels

    Nous n’aimions pas les pluies de septembre: elles entraînaient le tas de sable où nous trompions notre ennui, le dissolvaient, et apparaissaient à sa base des veines de terre noire hostiles à nos jeux.
    Le sable, il avait fui par la pente, il avait fondu dans la nuit, malin, il avait trouvé le moyen de rejoindre la mer, et nous avait laissés sur le bord du chemin. On aurait voulu qu’il nous emporte, on aurait voulu faire plage avec lui, mais non. Nous nous vengions alors sur les pommes pourries, tombées de l’arbre pendant la pluie, dont, d’un coup de talon rageur, nous faisions des compotes à cru. Des compotes à cru de transparentes de Croncels, précoces, fragiles, ennuyeuses, juteuses du jus de notre ennui.

    Juste après la pluie

    On ne pouvait pas rester à regarder les blessures du ciel dans les flaques, mieux valait marcher dedans, troubler les bords roses du crépuscule. On n’attendait rien de précis, l’évidence d’une peau peut-être, une main amie juste avant la nuit, une anatomie du hasard qui aurait expliqué pourquoi on était sorti juste après la pluie dans la ville mauve et grise. Pas pour les odeurs, ni pour les traînées de feuilles vers les caniveaux, pas pour le coulis d’enseignes sur les façades, et l’espoir de quelqu’un qu’on croiserait là, on n’y croyait pas. On sortait quand même, on s’asseyait sur le dossier d’un banc, on fumait des blondes, jusqu’à ce que les flaques ne reflètent plus que les lampadaires, qu’on se rende compte qu’une fois encore, on n’avait parlé à personne.

    Mangue

    Lancez amis la poudre du rêve, incisez le fruit merveilleux jusqu’à l’os. Que s’achève entre pulpe et lame l’idée même qui nous fit marcher droit, jusqu’au noyau ligneux des nuits décentrées, jusqu’au soir même des songes qui nous ont réveillés, qui désormais nous abandonnent.

    le ravaudeur

    La Revue des Ressources
    articles
    webassociation des auteurs

    disséminer les écritures

    24 mars 2016

  • au bord de l’eau

    baigneur dans la rivière Kadey

    sur le bac 1

    sur la rivesur le bac 2


      tirages papier 2001

    22 mars 2016

  • Je te forlonge et tu m’échappes dans le chaos du sommeil
    19 mars 2016

  • Qui n’est pas un cannibale ?

    ce que lisent les sauvages

    Allez aux halles des viandes un samedi soir et regardez la foule de ces bipèdes vivants regardant fixement les longs alignements de quadrupèdes morts. Cette vision n’enlève-t-elle pas une dent à la mâchoire du cannibale ? Les cannibales ? Qui n’est pas un cannibale ? Je vous le dis : au jour du Jugement, le Fidjien qui a mis au saloir un maigre missionnaire pour les jours de famine, ce prévoyant fidjien suscitera plus d’indulgence que toi, gourmet conscient et civilisé, qui a cloué au sol des oies et festoyé de leurs foies hypertrophiés sous forme de pâtés.

    Herman Melville, Moby Dick

    17 mars 2016

  • savane à son orée

    orée de la savane 1
    orée de la savane 2
    orée de la savane 3
    orée de la savane 4

    tirages papier
    2002
    15 mars 2016

  • Ma vie au village – 44

    Lever de nuit avec la gratte aux plissures, démangeaison sur le cuir du passé, l’historique des vaccinations, le lavement du premier orage dans le septième jour sans lumière, comment dire qu’il y a quelque chose qui n’est pas, un rien que nous serions de mémoire étant né d’un trou le jour qu’Adam est allé chier et la question de la colère envers qui suis-je contre Kumba dans les cieux (qui m’empresse) ? contre soi réduit, dénimbé, zombi d’ombre pistée sous le flair des chiens, à son tour filant phanes, lumineux, fantasques, celle d’aller par des rues sans nom où, quand il n’y a pas de rues que personne ne t’appelle. 
    Vitaille d’un moment, quelques traces de mer serties dans les rochers, entre dirait quelqu’un ce qu’elle dégueule aussi de filoche et de mousse immonde. On ne te demande pas si c’était beau ou quoi, l’intérêt porte sur le déplacement de soi, le sexuel du voyage, on part pour sortir d’elle qui te fatigue, voir des villes, les palans du port, des camions morts au bord des routes, tu ne dis rien de ce renversement qu’offre si peu une vie humaine, qui peut croire que c’est de l’amour, quelque chose de plus en l’air, comme un bonheur possible, tu ne dis rien ou que c’était bien et que les légumes sont chers mais au-dedans te bats contre la mort qui vient.
    12 mars 2016

  • Èlépi-ô ! 4

    Des iliens aux dimensions du monde,

    Edouard Glissant

    Jean Métellus

    et puis en Pygmésie intérieure,
    matin recomposé lu par Brigitte Célérier (paumée) 

    10 mars 2016

  • bois de rivage

    bois sur le rivage

    bois sur le rivage

    bois sur le rivage

    plage le rocher du loup

    8 mars 2016

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ISSN 2610-7449
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