Lignages – 13

Regardant ce qui reste d’avant,
Peu, pas même du nécessaire,
Étant sauf ce qui en soi
Demeure malgré tout
Caché très en-dessous
Des lignes saisonnières,
Enfouissé — ou quelques photos
Grises de la vacance d’être
En ce monde-là, on se clichait
Rien que de temps en temps —
Se dit que tu prends l’heur
Pour en faire quoi
Et de quel souvenir vivrons
Quand nous serons ailleurs
En le commun destin
Et quelles visions en la tienne
Aurons des maigres joies
Comme faire dans les allées
De risibles voyages en voiture à pédales. 
Allions empropretés, coup serré du dimanche,
Sur un béton d’époque qui voulait oublier
Les grandes destructions, marcher en ayant l’air,
Parmi rosiers, pelouses, exotiques verrières
Et senteurs de crottin, rire mais peu
À guignol en ne comprenant rien
De ce théâtre — assis derrière —
C’est que nous devions nous enterrer
La mémoire des morts
Et des trains
[Toi si haut en-dedans, si loin,
Dans ton silence, seulement
Le cœur broyé et d’apparence éteint,
Tu pleurais de tendresse peut-être]
Allions, encore, de l’autre côté,
Comme si l’oubli là-bas,
L’espoir ou presque pas,
Comme on va à la gare, partions.

J’habiterai ta maison que je cherche. 


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