Au bord de l’eau

Dernier jour de janvier près du poste frontière, les eaux de la rivière qui sont en pluies couleur de terre, de tabac sec, courent presque vertes mollement, tout est morne, figé, hors elles seules au regard entre la rougeur terne d’une rive opposée, trait de craie malhabile sous les racines d’arbres endormis et la ligne ferreuse de la route qui tourne brusquement. Un peu de réflexion grise comme le mortier. Traverser par le bac, mais lui gît échoué. Dans la case en brique de terre, toit de palmes tressées, fraîche, solitaire, ombrée, vide aussi, il dormit à même le sol de la première nuit sous des essaims de libellules et suivant le tracé, yeux rouges, milliers d’ailes, un silence vibrant. Et l’on portait des grumes entières par de gigantesques détours. Ou l’on traversait en pirogue, n’allant pas loin de l’autre côté. On se noyait souvent, parfois de nuit, le fond plein de ferraille et dit-on d’ossements. Le bac était engravé.

la suite est sur le site Les Cosaques des Frontières

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