Chemin tournant

Serge Marcel Roche

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  • Parution prochaine

    Après la parution en 2023 du Journal de la brousse endormie, sortira en juin prochain, toujours chez La rumeur libre, Tout commence par les marimbas de la nuit, un triptyque poétique composé de Bois rouge, écrit en 2010, Génésie et Lignages, écrits entre 2012 et 2014.

    Bois rouge est une ode rythmique au ciel, aux arbres, aux rivières, aux oiseaux de l’Est-Cameroun où j’ai longtemps vécu, une improvisation du chant pour instruments de la forêt. Génésie et Lignages déclinent le fleuve, la ville natale, la campagne aimée et l’influence des « choses » sur l’enfance de l’écriteur. Textes à lire à haute voix, si l’on peut, afin qu’en ressortent toutes les nuances sonores.

    Selon le mythe de la création porté par les Bakas, peuple premier de la grande forêt, les humains furent d’abord cigognes, puis ils tombèrent sur la terre. Alors, chante Bois rouge, ils inventèrent la musique à l’écoute, à l’écoute des pluies, à l’écoute des gouttes, […] quand des bras leur naquirent à l’aisselle, forme de mains, de longs doigts pour battre l’air, qu’ils n’eurent plus bec mais bouche pour dire : la forêt c’est de la musique.

    Musique forte aussi de Génésie et de Lignages, celle de l’enfance et de tout ce qui forme la trame d’une vie humaine, bien loin des clichés biographiques.

    Les heures passaient sans mot dans l’ombre du visage, à son tour le jour s’en allait […] Et toujours un silence de vitre, de fenêtre, de route sans passage, sauf qu’une voiture parfois plus tard venait de loin rouler entre les draps et faire un autre monde de la blancheur des phares aux fentes des volets. Plus tard aussi une mare d’eau noire resserrée sous les saules, l’allant droit du chemin dans beaucoup de lumière et le corps du serpent à franchir au travers, soi ne sachant encore si passer par-dessus, si détourner ses pas, cette ombre rouge là au milieu de la terre, l’ile au milieu de l’eau, ce que l’on ne dit pas.

    29 avril 2025
    Afrique, Arbres, Cameroun, Campagne, Ciel, Enfance, Fleuve, Forêt, Influences, La rumeur libre, Lignages, Oiseaux, Poésie, Rivières, Ville

  • Topographie sonore du quartier 30

    Devant l’épicerie

    Pour le trentième audio de cette topographie du quartier (qui reprendra en octobre avec, je l’espère, une nette amélioration de la qualité d’enregistrement), arrêtons-nous un instant devant l’épicerie où je fais régulièrement quelques achats, au bord de la route nationale 1. Le sol est en train d’y être lavé et l’employé en charge de ce travail nous empêche fermement d’entrer. Je m’assois donc sur une caisse heureusement placée là et je savoure une pause sonore toute en vrombissements, voix et percussions.

    19/04/2025 08:49
    22 avril 2025
    Afrique, Cameroun, Milieu urbain, Quartier, Sons, Topographie, Ville

  • Au revoir Anna

    Anna Jouy, poétesse suisse, s’en est allé le 5 avril, au mitan du jour, annonce le site D’Ailleurs poésie auquel elle collaborait.

    Chère Anna, nous te pensons. Je te pense depuis la forêt, celle d’ici, que tu lisais, celle des mots tiens que tu nous donnais sous l’aube, avec ardeur et tendresse, ceux de notre correspondance d’un temps et d’une rencontre ensoleillée au bord du Léman, où nous nous sommes tant amusé du jeu théâtral d’un serveur italien. Bon vent, Anna, de l’autre côté des êtres et des choses, à se revoir au sein d’une belle lumière, dans la clarté d’un langage dénué de souffrance.

    Anna, au bord du Léman, juillet 2016
    Lecture par Anna sur une musique de Alexandre Desplat
    7 avril 2025
    Anna Jouy, Lecture, Poésie

  • Théorème de l’inachèvement Christophe Condello

    Poète, blogueur, chroniqueur, directeur littéraire d’une collection chez Pierre Turcotte, Christophe Condello m’a aimablement adressé son septième recueil, Théorème de l’inachèvement, un théorème en quatre propositions où le nous, le vous et le vivant du monde s’entrelacent pour, paradoxe, non pas démontrer ce que le titre désigne mais nous conduire à le questionner quand, selon Aristote cité par l’auteur, l’essentiel en toute chose (en et non de toute chose) est la fin et que notre éternité se dérobe / avec la marée.

    Étant, à mon sens, dépourvu du talent de chroniquer longuement, le mieux est ici de vous donner à lire trois des textes de cet abondant recueil (loin des parutions étiques).

    *

    La mort existe-t-elle
    ou est-ce la fin
    de la gravité

    des lanternes en liberté
    éclairent nos ombres

    allons-nous y trouver
    ce que nous sommes
    un visage
    censés quitter

    la profondeur inaccomplie
    de nos plaies

    *

    La pénombre galope
    sur l’écharpe du ciel

    vos gestes déverrouillent
    nos ailes closes

    la lune dans vos ventres
    sera belle ce soir

    *

    Nous enjambons les heures

    loin de vous

    une route sans fin
    donne un sens
    à nos égarements

    un peu de sable
    sous l’œil
    étanche la peine

    *

    Couverture de Théorème de l'inachèvement



    THÉORÈME DE L’INACHÈVEMENT
    page sur le site de l’éditeur

    Image de couverture : Marie-Claude Lamarche

    27 mars 2025
    Christophe Condello, Pierre Turcotte éditeur, Poésie, Québec

  • Siempre, par Masal

    Rien de mieux pour nous aider à traverser les peurs et les dangers du présent que le dernier album de Jean-Paul Prat – Masal, d’embarquer dans un inouï TGV pour explorer le feu, l’eau, la douceur, se laisser porter par les vagues de l’esprit et du cœur jusqu’au rivage de la joie avec une Marseillaise finale admirablement subversive. Avec les compositions de Jean-Paul Prat, ce n’est pas seulement écouter de la musique dont il s’agit, c’est résister à la tristesse, c’est s’armer contre la tentation du désespoir.

    Attention au départ !

    Siempre sur Bandcamp

    Site Masal

    18 mars 2025
    Jean-Paul Prat, Masal, Musique

  • Topographie sonore du quartier 29

    Le baume et la casquette

    11/02/2025 12:24

    Bien que l’enregistrement vente, cloque, clique et pète, il n’en rend pas moins compte assez fidèlement du climat sonore d’un moment de vie au quartier, celui du 11 février dernier, à 12:24, quand passe le distributeur agréé du Bome François, créé par un pasteur évangélique affirmant l’avoir reçu d’en-haut et qui a défrayé la chronique l’an passé (Jeune Afrique 23/05/2024). Je ne sais si le boniment diffusé fait consciemment référence à la situation « géopolitique », notamment celle de l’État français qui retire ses troupes de son ex « zone d’influence » en Afrique, cependant la tirade, sous la forme d’un remarquable (et drôle) syllogisme tronqué, « Tout ce qui est franc n’est pas François, donc Bome François ne saurait être baume français » peut le laisser croire. Le baume, en effet sensé calmer les douleurs, ne saurait être français pour les peuples qui ont vécus colonisation ou tutelle. Les plaies sont encore vives, les membres toujours blessés. Et ce ne sont pas les négations, comme celle de François Fillon en 2009 concernant les massacres au Cameroun, ou l’aveugle fureur des droites (à propos ces jours-ci des crimes de l’armée française en Algérie) qui apaiseront les relations entre deux continents, qui selon Senghor sont liés par le nombril. Notons toutefois, que si le Bome François ne saurait être français, il ne peut davantage être baume Francis, ce qui laisse perplexe. Le Bome François n’est ni français ni Francis, nous l’avons compris, il est authentique, authentiquement François (prénom de son « créateur ») c’est-à-dire efficace. En même temps, si « tout ce qui est franc n’est pas François », on peut en douter, même si l’on comprend l’inversion subtile de l’argument commercial. En fin de compte, ce qui rassure le chaland, c’est que le baume est bien François si le vendeur porte un polo et une casquette rouge. Une casquette rouge ? Il y a un type, de l’autre côté de l’océan, qui en porte une, et à qui franchement, on ne peut en rien faire confiance..

    5 mars 2025
    Afrique, Baume, Cameroun, Médicament, Métier ambulant, Milieu urbain, Quartier, Sons, Topographie, Vente, Ville

  • Topographie sonore du quartier 28

    Football

    Au quartier, il y a le « football de rue » et le « football de stade ». Ce dernier est organisé. Les « vieux » disposent d’une buvette, baraque en surplomb, d’où ils commentent parfois le jeu, entre deux rasades, dans un nuage de poussière.

    31/12/2024 17:06

    9 janvier 2025
    Afrique, Cameroun, Football, Jeu, Quartier, Sons, Stade, Topographie, Ville

  • Topographie sonore du quartier 27

    Mariage

    Non loin, deux cents mètres à vol d’oiseau, mais à vol d’oreille quasiment dans la chambre, une fête de mariage. Toute la nuit, qui commence tôt, flot ininterrompu de musique, vagues d’exclamations, houle de cris. Je me trouve chanceux d’avoir eu trois heures de sommeil. L’intérêt de ce document vient de ce que deux « plans » sonores suivent en parallèle la ligne principale de l’enregistrement : devant, le cliquetis de l’aiguille des secondes du réveil posé sur mon bureau, derrière, le souffle intermittent du nettoyage de l’abattoir qui poursuit son œuvre de mort. Ainsi accompagne l’évènement, que l’on suppose heureux, l’écoulement du temps humain vers sa perspective finale, que j’espère autrement plus paisible que son symbole. Vive les mariés !

    30/11/2024 02:11

    13 décembre 2024
    Afrique, Cameroun, Fête, Mariage, Milieu urbain, Quartier, Sonorisation, Sons, Topographie, Ville

  • Lettre au voyageur

    Anna Jouy, dont vous pouvez lire le journal poétique mots sous l’aube, écrit au voyageur, presque immobile, que je suis à propos de sa lecture du Journal de la brousse endormie.

    Occasion pour vous de découvrir le site D’Ailleurs poésie, de parcourir le continent d’autrices et d’auteurs francophones qui vivent hors de France métropolitaine, ainsi que des « poètes venant de l’étranger mais qui écrivent en français dans l’Hexagone ».

    La lettre d’Anna

    30 novembre 2024
    Anna Jouy, D’Ailleurs poésie, Journal de la brousse endormie, La rumeur libre éditions, Lettre, Poésie, Poésie francophone, Voyageur

  • Topographie sonore du quartier – 26

    Le train de 20 heures

    Parmi les trains qui passent et cornent, à première ouïe de la même manière, il y a celui de 20 heures. Le train de 20 heures est différent. Il part vers le Nord, contrée mystérieuse. Le train de 20 heures m’obsède un peu. Je le guette. Qu’importe que ce soit en réalité le train de 19 heures 50… c’est à 20 heures (un peu plus d’ailleurs) qu’il me fait signe, me parle…

    23/11/2024 20:01

    26 novembre 2024
    Afrique, Bruits, Cameroun, Milieu urbain, Quartier, Sons, Topographie, Train, Ville

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ISSN 2610-7449
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