Ma vie au village – 11

Ne fut-ce qu’un rêve de sécheresse, de pépie ? déjà le surgissement des pluies, pas le temps de se déssiquer, d’étendre sa misère qu’on se foudroie de part en part; la nuit violace les morts. Je voulais rester dans la chambre, tenir à bout d’ennui et dire que tout ça c’est un genre la vie au village où je n’ai de chroniques que la dysenterie, les notations de rien, les carnets pas finis, des rêves qui ne valent la peine de dormir, le navire  ne partant jamais, taguer des mots comme merde à la forêt sur tous les futs dressés dans mon esprit : je suis l’idiot dans elle, le seul à me pencher pour écouter entre ses cuisses, j’aurai besoin de siècles ou en position d’ermite d’aller fondre sur le rocher et je n’écrirai pas, j’attendrai la parole du vent qui ne vient qu’une fois, mais je me borne aux listes : tirer extrêmement toute la porte vers soi, barrer le passage aux rats, être toujours sans lumière, faire tout par trois parce qu’on disait que c’est plus harmonieux comme en littérature ne pas dire il y a : 1 lit 2 draps, une moustiquaire très laide et en couleur, des sans-confiance usées par la poussière, du sale, toutes sortes d’araignées.
Il faudrait ravauder le grillage derrière les nacots, contre un mamba noir ou vert. 

4 commentaires sur “Ma vie au village – 11

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