Ma vie au village – 26

Être les pieds sueux dans la poussière et la chaleur moitissant l’aine en traînant sur la piste fait qu’on s’arrête un jour et quelqu’un dit c’est le village, on torche un peu de terre puis on oublie. Un siècle passe, c’est quoi même. Tout ce que connaissions de notre monde aboutissait au bord de la rivière, la sombre, trait brun charriant de l’or, des vipères, qu’en rêve avons franchi pour s’installer quasi dans l’immobilité sur dévers d’un bas-fond grouillant de croupissures de sponges et d’ensorcellements divers, mon dieu pourquoi, on s’est endigué là, en sommeil et mort spirituelle. Les sacrifices ont glissé à la boue, restent traces violines de ces corps inconnus sur le séché fluo des algues entre la terre et l’eau.

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