Ma vie au village – 30

Au bord durant près de vingt années, sans rien voir souvent qu’un bout de vitre sale (dans la chambre il y a peu de lumière) l’œil en-haut avec la pensée prise au chalut des araignes, réduite en cocons suçotés, boules grises des toiles qui me servent de sapin pour Noël, l’oreille au clic-clic amoureux des geckos sous le cadre et crissement de cafards dans les cartons à terre, je cherche le mot trouvant, la nuit ce qui en elle, l’or du rien, pourquoi je pleure au regardé de l’ombre d’une lanterne en toc achetée à Casablanca tandis qu’un gamin saigne ailleurs sur le trottoir en bas, pourquoi je quoi et que cette vie-ci est un poème politique, un exanthème, prurit mais doux pourtant du cutané de l’âme, je cherche la musique malgré et gardant tête dans le carré du jour, c’est si petit que près de la fenêtre, lit non loin, on ne voit pas le ciel sans se pencher très bas (avant ça passait les pas, les pas des gens, ça défroissait la terre, et ça faisait plus ou moins l’amour comme si je n’existais pas, comme si nocturnement je ne pouvais être qu’absent), j’écoute, je querre l’ailleurs à reverser dans ces mots-là.

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