Ma vie au village – 33

Leurs filets ravaudés quelques partent à la sombre, rame en main légère de bois gris qu’ont tant lustré les paumes, capter le silure du rêve aux tréfonds. Certaines durées de lune donnent songes de poissons ou d’arachnicoles fantasmes et les lignes diffèrent. Depuis que creusent les Chinois en amont, dans l’eau c’est plein de terre, on n’y retrouve plus les noyés, tout se perd rongé par mercure ou plomb, peut-être que crèvent aussi les démons aquatiques. On pose sennes et nasses en dessous des ponts, flotteurs en polystyrène. Il y a deux traverseurs, l’un dit des Allemands bel ouvrage de quand pendaient des corps entre les mangues où personne ne passe, seulement le manioc qui sèche, le soir s’y baigne nu contre les piles près du rivage, se couvre de savon, se rince avec des rires, s’oint de coco à luire l’onde des fesses entre tuyaux qui portent une eau rouge au château, derrière la scierie.

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