F. S. Ndzomga / résidence – 4

La portion de temps
I

La portion de temps consacrée au rêve éveillé est très conséquente en ville. L’autre alternative est cette vie de mort-vivant du complexe industriel. Ce qui nous sépare du village, ce n’est rien de plus que la prétention. Ce qui est superficiel devient ici la pierre angulaire.

II

Les sons qu’émettent les choses nous renseignent sur leur début et leur fin. On pense mieux dans le bruit le plus total : eau qui coule sur le sol, moto que l’on démarre, klaxons, vrombissements des grosses machines tentaculaires de l’usine d’à côté.
Pour entrer au fond de soi, il faut sortir, marcher, chercher le centre-ville, le coin le plus bruyant. Ici, le silence est une denrée rare. On le remplace par ces moments où tous les bruits s’entrechoquent et s’annulent.
Il y a des boîtes de nuit, mais pas de boîtes de jour. On y cultive le bruit, son obscure catharsis, quelques rapprochements de corps pour se vider de tous ces bruits accumulés pendant la semaine.

III

L’immeuble en béton conquiert l’espace de soi, verticalement. Monter et se coucher, descendre et courber l’échine, maintenir ce va et vient jusqu’à ce que le corps prenne plus de place et réussisse à empiéter sur l’intangible. Avec le temps, tu deviens insomniaque telle une liasse de billets.
  © Franck Stéphane Ndzomga, 2016
  blog de Ndzomga :  Camisole et mots
  illustration : Kmo
  Des résidences d’écriture numérique, webassociation des auteurs

2 commentaires sur “F. S. Ndzomga / résidence – 4

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