Ma vie au village – mouvement

Deux ou trois passages de ce Ma vie traînent leurs pieds dans un laboratoire. Ne sachant où j’écrivais, j’ai voulu sans doute m’inventer une profession qui pourrait au moment donner un air de fiction, mais le village-ci n’est qu’une tombe à ciel ouvert. Il fallait du sang (qu’on me reproche) qu’il y ait de la glaire, des émonctules, de l’ichor, des débris. J’étais alors vivant, plus vivant qu’aujourd’hui à une certaine hauteur de strate, face souvent à des presque morts. Des qui mourraient tout le temps. J’allais au dispensaire plusieurs fois par semaine. Les heures au dortoir des tuberculeux ou dans la chambre à sida sont les plus belles de moi, d’être-là, ce que j’ai fait de plus utile au cours d’une vie de misère.

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