Ma vie au village – 92

Et survivre est se taire, souvent, rêver les arbres qui enflent aux cimes, que ne frôlent nos mains lointaines, descendre en songe les savanes en s’écorchant à leurs buissons, tourner à l’envers des musiques.
De la colline on voit des pans de mur déjà nappés de poussière, des faïences décolorées, la grande idole métallique qui préside la comédie que les bannis seuls ne jouent pas. Ce matin il fait un peu froid. La forêt maintenant derrière ferme le bec des oiseaux. L’ombre des brûlés nous lancine.

— Sens-tu l’odeur qui vient d’où l’on sacrifie les bêtes ?
— Oh, surtout ne t’inquiète pas. Ce sont les os des méchants qui pourrissent là-bas.

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