Sans titre

J’écris à l’ange toi, parti loin de ce loin où nous étions déjà de nos pays, à Pâques tu partis je crois ou l’un des jours proches de ce temps tout blanc dans l’esprit. Après le sang sur les collines tu savais ce que la joie. Maintenant, en juillet, c’est la nuit des moustiques. On a bu des bières au sous-sol jusqu’à 4 heures du matin, j’ai dormi dans ton lit et toi avec Nicolas. Une fois, une fois seulement, tu m’as parlé de la fuite, la longue traversée des forêts par les deux Congo. Vous aviez dû quitter la terreur dans la ville. Il y eut peut-être un bout de parcours sur une plateforme de train. Tu as fait le pousse à Ouesso, juste avant la frontière, plus tard lavé ce presque mort quand je ne pouvais rien. Près des chutes du Saint-Laurent, on s’est ennuyé sous les arbres maigres à voir le fil ridicule de l’eau. On est allé à Ottawa. Au retour tu roulais trop vite. Je n’aime pas, l’ange, quand tu pars, j’ai la gorge serrée et dans l’œil comme un tableau cru de Hopper : l’arrêt du bus en face de TOUT À 2 DOLLARS.

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