Éros au bord de l’eau (2)

ça fuit par les côtés, à grands traits et petites touches, mouvantes fixités — la première fois savoir où se rendre — devant, on ne peut aller, devant : le bruit, l’image, les couleurs superposées : brun d’épaule (que tu découvres), gris de coque (avec écume), fond de poêle acier, proches d’une monotonie, devant : les naufrages, la naissance ; il dit : s’insinuer entre courants, ce que les poissons, mais sur terre, aux bords de langue ; derrière, une route, ses camions, des cyclistes qui vont, sans toutes les questions qu’il traine, à partir de ce bas désert, irons-nous plus loin ;

lui sur (ou sous) l’étroite véranda (qu’importe, si l’on peut s’étendre) face à elle, l’image-photo qui transpire, pleine d’un embrun nocturne, au-dedans l’âme, dehors la peau, ça dégouline déjà tôt, de sueur, de pensée, plaisir, sans l’envie de se recoucher, les songes passés fabriquent-ils le jour, il tente de se souvenir ; on mange une chair très orangée, presque rouge et du citron vert, boit du café très terre, raciné, où surnagent fleurs, cerises, béton brulant, l’odeur de l’amour ; pieds contre l’âge des carreaux, leurs fentes, disjointures renflées, semblables aux plis intimes ;


Réponses

  1. Avatar de Caroline D
    Caroline D

    et on y sent, ou peut-être, dans ces vents de vague, les gouttes chaudes, parfois même brûlantes, des aubes et des silences qui forgent l’âme ;

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  2. Avatar de Geneviève Catta
    Geneviève Catta

    Je trouve le deuxième paragraphe « très magnifique » comme dit l’un de mes petits-enfants.
    Merci!

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    1. Avatar de Serge Marcel Roche
      Serge Marcel Roche

      Merci à vous et à lui pour la formule !

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