En vue de plus tard ou de jamais

Dans la revue Études de octobre 2025 (n° 4330), le poète et essayiste Emmanuel Godo consacre les dernières lignes de sa chronique, où il est question de Mallarmé, Bataille, William Carlos Williams, à Tout commence par les marimbas de la nuit.

Dans Tout commence par les marimbas de la nuit, Serge Marcel Roche fait entendre une ode aux arbres, aux rivières, aux oiseaux et à ces hommes de l’Est-Cameroun auprès de qui il a vécu, qui « inventèrent la musique à l’écoute / À l’écoute des pluies / À l’écoute des gouttes ». Et, sans qu’il y ait à le justifier, comme si le mouvement d’émerveillement devant le paysage africain le dictait impérativement, la voix remonte aux profondeurs de l’enfance du poète : « Alors le temps n’était / N’était amour ni souffrance / Seulement l’odeur des lieux familiers. »

Là-bas, il semble qu’il existe une enfance qui parle à toutes les enfances. Le poète est cet homme qui a appris à ne plus être protégé par aucune certitude, aucune écorce du savoir présent. Il vibre, résonne, s’accorde à toutes les manifestations de la source première. La bonne nouvelle que porte la poésie, à jamais, est qu’un jour l’homme existera, qu’il portera visage radieux, cœur intelligent et main fraternelle. La poésie tient bonne garde de cette promesse jamais réalisée.

Cette chronique est disponible en intégralité : En vue de plus tard ou de jamais

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