Chemin tournant

Serge Marcel Roche

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  • Le blog, un genre d’écriture – gabriels. f.

    L’histoire de notre vie aura-t-elle été celle de nos lectures ? demandait un ami dans une lettre ancienne. Il est possible que les livres lèvent une carte de notre évolution, dressent une géographie de nos âges successifs. Et leurs genres ? Permettraient-ils de se « reconnaître »,  de « s’identifier », de me je qui suis en fait sans passion littéraire, plutôt du type oiseau sur la branche, picoreur sans détermination ou si j’avais des livres, ce seraient des « vies », mais je n’ai pas de livres, presque pas. Est-ce l’influence de la forêt qui me fait devenir cueilleur ? J’erre le long des délaissées et je prends le fruit sur l’arbre, ça me convient, mordant dans le « blog littéraire » qui est à ma portée, revenant à l’état de nomadisme qui est au fond celui de la condition humaine. 
    De l’émission que proposait à notre écoute Antoine Bréa en vue de cette dissémination, j’ai retenu et noté sur un carré de papier « échapper à toute classification » et « mettre en rapport des choses différentes ». C’est unifier d’une certaine façon, en se passant de la pesanteur d’une définition, en laissant place à l’errance, à la nuit, à l’incertitude, aux trottoirs mouillés. Ce que fait le blog « littéraire », qui n’est pas un genre satisfait de soi, ne nous regarde pas d’un air entendu. On ne peut le ranger, tous les genres peuvent s’y retrouver en coexistence, s’allier, se répondre, s’effacer à leur tour quand il faut. 
    Ainsi je passe chez gabriels. f., son blog d’écriture, toujours réactualisable, d’abord parce que se présentent certaines autres idées et projets, et justement parce que cela se modèle au fur et à mesure, pour l’instant, donc, j’y trouve  en suivant le sommaire de ces « choses différentes » qui s’entrecroisent, des lignes, ce qui a trait à un personnage fuyant, des notes parcellaires sur certains films, extraits de journal, nouvelles, récits ou proses « complètes », d’autres choses, expériences, inclassés, un roman dont dont chaque page peut se lire indépendamment (d’ailleurs les pages n’existent pas toutes) et Louise qui garde des appartements de gens absents.
    J’aime les blogs de ce genre-là, qui sont une forme où l’on peut aller en étant soi et se cherchant, au contraire des « grands » genres pour qui finalement, de nos jours, le lecteur n’est personne. gabriels. f. c’est une écriture en retenue, paraissant comme sous un voile, qui décline les tonalités du gris, se porte vers ce qui ne se voit pas à l’abord, explore la précision du flou, celui de l’existence de soi et des autres, c’est un regard qui fait ses heures de nuit…
    boulevard de dépit (rue du départ)
    amer mais j’ai mordu dans rien
    tout le monde était de sortie sans moi
    et pourtant les rues que je prenais restaient obstinément vides
    et mes chaussures ne faisaient aucun bruit sur le trottoir
    j’ai fini par arriver sur le 105 boulevard
    histoire de voir les gens se parler
    et chacun mener son petit travelling
    cheverny excusez-moi monsieur
    me disait le serveur à chaque passage
    car il oubliait sans cesse de me servir
    il y a ceux qui sont et ceux qui ne sont pas
    c’était cette petite mélancolie détestable
    d’un cœur qui hésite entre automne et printemps
    et j’entendais sur la terrasse une femme répéter n fois le mot « erreur »
    quand résonnait sans cesse dans ma tête le mot « dépit »
    passaient de grands cygnes en mode escarpins
    des proies et des ombres
    des lécheurs de glaces
    des costumes rayés genre « pas mal »
    le garçon récitait le menu et ses variations
    j’entendais un type parler de faux-départs
    il me faisait penser à quelqu’un qu’il n’était pas
    il y a ceux qui sont et ceux qui ne sont pas
    j’imaginais qu’assez loin en face
    dans ce grand immeuble d’un autre temps
    un homme nous regardait derrière sa haute fenêtre noire
    pourtant le spectacle se terminait
    et je n’avais même pas envie d’achever le poème
    froid de personne
    c’est le froid de personne. je regarde souvent la rue vers une ou deux heures du matin, par la fenêtre. quelque chose de fascinant, car rien ne va bouger pendant cinq, six heures. il suffit d’observer quelques minutes pour avoir un aperçu de la nuit en pause longue. je prends soin du décor minimal. on sent bien que le froid cherche à s’abattre sur les passants, mais il n’y a personne. je devine sa rage, je le vois parcourir les rues noires. on dirait un concours d’âmes mortes. parfois une ou deux rares silhouettes pressées, dont on ne distingue rien, juste une forme un peu pliée en trombone, qui avance.
    et moi, qui me sens libéré pour quelques heures, je compose avec la fatigue et une lucidité tremblante, qui ouvrent un canal inespéré. c’est comme une rançon sur le rien, sauver quelque inconnu dont vous avez à peine entrevu le visage. ça peut me prendre toute la nuit, jusqu’aux premiers camions. mais c’est le seul moment où je peux inventer un peu l’invisible, le rendre palpable, élastique.

    je suis (toujours?) à un mètre des conversations.
    — gabriels_f_ (@gabriels_f_) 24 Mars 2015

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    26 mars 2015

  • Ma vie au village s’écoute aussi

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    Sell music on itunes at ReverbNation.com


    Voix : Valérie Capdepont / Création musicale-piano : Olivier Bobinnec / Prise de son-mixage : Olivier Bobinnec @Bobson-Studio  / 

    La rencontre entre Olivier Bobinnec et Valérie Capdepont est une rencontre de chercheurs. Depuis 2006 à l’intérieur de leur laboratoire DAKINI ils interrogent l’interaction entre la musique et le texte, principalement poétique, mais aussi théâtral, littéraire…
    Le laboratoire DAKINI peut se définir comme une expérience collaborative entre des musiciens issus de différentes disciplines du spectacle vivant (théâtre, musique, danse et arts visuels), qui explorent de nouvelles écritures. Ils travaillent à partir d’improvisations pour aboutir à des formes écrites ou semi-écrites, ou pour inventer en public. 
    (Extrait de la présentation sur le site Dakini)
    15 mars 2015

  • Ma vie au village (..)

    Les chiens de nuit flairent le fétiche, la coque de tortue et le flacon plein de liquide haineux (vos rancunes macérant, vos morves maladives), ils hument le fou errant quand un hibou joyeux, léger sur la toiture, confirme en ses hou-hous que je suis sans malice. 
    4 mars 2015

  • piste

    28 février 2015

  • les calcinés

    arbre calciné
    arbre calciné

    arbre calciné
    arbre calciné

    24 février 2015

  • Transport de bois

     hommes qui poussent
     bois qui passe

    9 février 2015

  • Èlépi-ô webradio

    Créer en ligne une radio où l’on par­le­rait lit­té­ra­ture… Comme pour les dis­sé­mi­na­tions on peut pen­ser à une radio sans stu­dio, sans rédac­tion en chef, avec des acteurs dis­per­sés sur la planète. On devra réflé­chir aux rubriques pro­po­sées… Saint Denis de la Réunion, 2 novembre 2014 – L. Margantin
    Webassociation des auteurs
    Dissémination de janvier

    Èlépi ! Parlez ! C’est, après le premier bonjour, la manière ici de se saluer. Parles ! Si tu parles, c’est que tu es vivant. Èlépi ! : la rubrique web-radio que propose Chemin tournant. Des textes d’auteurs africains ou reliés au Continent, la parole de personnes rencontrées, des poèmes de l’atelier d’écriture qui reprendra bientôt avec des jeunes de la ville, un climat aussi, à faire entendre.
    Pour inaugurer Èlépi !un texte d’Antoine François Assoumou : Prélude du silence. De lui on a parlé comme d’un astre ayant traversé le ciel (bien pâle aujourd’hui) de la poésie camerounaise. Une comète. Trois années seulement d’écriture. Qui serait-il, encore en vie, ayant digéré ses influences (on note des expressions typiquement senghoriennes) ? Mais il est mort, noyé, en 1980, à 17 ans.
    Pour parler, plutôt pour être parole, nous savons qu’il y faut ce silence, le silence, en prélude. Èlépi-ô.

    Antoine François Assoumou
    Au bout de mon songe vaste, Collection Chant des hommes, Agence littéraire africaine, 1987
    Le sacre de levant, Fondation Antoine François Assoumou, 1993
    Au bout de mon songe vaste, Éd. CLÉ, 2014

    30 janvier 2015

  •  poussière

    Epave sur la piste

    Case en bord de piste

    Case en bord de piste

    Piste dans la forêt

    24 janvier 2015

  • Ma vie au village – 10

    Respire l’écart, avant d’être encendré; remise le psychomètre; il faudrait fuir par les côtés dans le sein d’elle, aller loin (seul tu ne peux), trouver une clairière, s’éloigner de l’entaille par où le bois s’écoule mais ne bougeons de la poussière, engravés, et tout file sans nous. Étant là sur le bord sanglant, n’ai plus de vision, plus d’image sinon la couleur phtisique d’une terre qui brésille, fringue un temps sous les roues folle quand le sang passe, monte en nappe, pouldroie peau, cheveux, nous ternie, retombe avec le froid soudain. On s’affaire au fagot, au tison dans les pierres, on boutique du cube et un peu de pétrole, se mouvant au travers du voile entre les cases, le pas sûr quand même parce qu’on connaît la sente férie par nos pieds. C’est la nuit; mangerons du sable et la farine, mais pour moi seulement des mots dans la steppe lugubre de l’écrit. J’ai le silence sec, le bic gercé sur la page, le vent charrie sa saison d’enfumage, ses propres terres noircies, le vent porte ses mondes avec lui, la désolation des strates, des lotus tachés de plastique et traverse le rien que nous sommes, qui suis quand j’expectore l’ennui par la bouche et la main. Derrière, le rideau noir immeuble d’elle, le rideau de l’autre côté, entre, la plaie longue fistule, ses rivages où rougeoient des yeux d’ombres rapetissées, peu de sons, juste d’inquiets murmures, je ferme la porte bleue, j’attends.
    1-10

    20 janvier 2015

  •  piste saison sèche

    piste en saison sèche

    piste en saison sèche
    piste en saison sèche

    piste en saison sèche

     en roulant
     derrière la vitre

    16 janvier 2015

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ISSN 2610-7449
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