L’intervalle coïncidant à l’air que l’on respire, entre le sol et le niveau trois du multicouloir, rassemble les éléments particuliers à l’atmosphère sonore de la ville. L’atmosphère sonore de la ville est un lieu, plutôt qu’une ambiance. Du terme lieu ressort davantage le volume de sa matérialité. Qui sait écouter en perçoit l’étendue bien au-delà de ce que l’œil voit. L’ambiance est étroitement localisée, mesquine, franchit peu les limites de la concession ou du sous-quartier. Elle est réduite aux chansons d’un quelconque programme radiophonique, au charivari d’une soirée à boire, à l’éclat convenu des voix lors d’un visite-bébé. Tout autre est ce lieu, ce topos que les émissions produites par les autres degrés rejoignent, non un banal empilement de bruits semblables ailleurs, mais le dire même de la ville et son atmosphère sonore.
Étiquette : Lieu
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L’inventaire de mes déchets
La femme à l’enfant qui me regarde, dans la cour, près du manguier, fouille le sac-poubelle jeté derrière sur le tas. Que tire-t-elle de l’inventaire de mes déchets : caillots humides de lessive, mouchoirs ratatinés, mégots, l’emballage d’une capote anglaise, un tract par l’Église de la Trompette Ultime : à n’y voir que du feu. Quand Vénus arrive, elle épie. Et Vénus vient, avec dans l’œil un lieu propice au rêve, escaliers, couloirs, dernier étage sans portes ni fenêtres, une résidence in-finie, qui s’enfonce de côté, vers le bas où courent les eaux sales. On passera par-dessus les mots DÉFENSE DE PÉNÉTRER – INTERDIT SOUS PEINE.
Éros Sambóko #32