Éros au bord de l’eau (7)

un ciel plaqué de fer la tôle le jour humide sans trace des avions sans rayures d’oiseaux voute plane contre elle notre perplexité rien qui ne la sépare de ce bas gris fumée si lent si presque inerte sauf un trait qui s’incline sur quoi vont des bateaux de grands voiliers parfois que l’on devine et d’épaisses nuées un trop-plein de menaces sous la coupe du vent mais ne bougent ici que le peu de nous-même le désœuvré de soi tremper ses pieds dans l’eau qui se démène, plus grise que le haut, un bandeau sur la page, un livre inexistant, ça nous dit pas grand-chose, sauf qu’on pourrait partir, sortir de cette poisse, de tout cet engluement, quand nous prend le chagrin, la pesanteur du temps, la vague, vague, vague vague, qu’une pirogue fend le sable ses veinules son pelage de bête étendue sur le flanc l’amas noir des rochers le bois flotté flottant dans l’ombre dense oisive sous les arbres comme un corps de noyé des maisons que l’on voit derrière qui nous patientent le calme malgré tout quand on rentre le soir —


Réponse

  1. Avatar de Caroline D
    Caroline D

    et le poisson
    dans l’or des sens

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