L’image de la ville 8

Reproduire, ici, n’est pas servilement copier l’image archivée dans la chambre de la mémoire, chambre qui est un trou bien plus noir encore que la ville, mais la recomposer à partir de son ombre. L’inconnu de l’image, si fortement éprouvé, n’en demeure pas moins ressemblance la plus fidèle à l’image de ce que nous avons vu. Si l’image, sa matière, est en quelque sorte le corps de son inconnu, l’inconnu lui, est en tant qu’esprit de l’image l’esprit de ce que nous avons vu. Re-produire l’image de ce que nous avons vu sera lui rendre une matérialité, de telle sorte que l’inconnu soit plus fortement perçu, éprouvé, que son corps. La forme donnée dans l’écrit à l’image, à partir de son ombre, sera telle que l’inconnu, qui ne peut se disjoindre d’elle, sera plus sensiblement et intellectuellement perçu. Il s’agit de re-produire une forme qui soit, plus que celle de la matière de l’image, une forme-apparition de sa ressemblance.

©Josef Albers Hommage to the square Blue green 1950
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Réponses

  1. Avatar de Dominique Hasselmann
    Dominique Hasselmann

    Malevitch est allé au-delà de la représentation : reproduire son ou ses carrés ouvre une perspective dont l’impossibilité même signe son ou ses contours. La ville s’en échappe à tire de roues. °°°°°°°°°°

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  2. Avatar de re ch
    re ch

    à part que fait que malévitch n’ait jamais fait de carrés mais des quadrilatères,

    et au sujet de la ville si ses figures abstraites sont considérées comme telles elles ont peut être gardé quelque chose de figuratif, comme peuvent l’être des bâtiments vus de haut… on ne s’étonnera donc pas qu’il ait fait des projets qui proposent un lien direct entre les dynamiques de ses formes et l’architecture, puisqu’il les a nommés architectones…

    Aimé par 1 personne

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