La chambre de Marcel
Barthes, dans un cours au Collège de France intitulé « Comment vivre ensemble », disait que lorsqu’elle se détache de la conjugalité, la chambre, lieu du secret, du trésor (le sexe), isolé dans un lieu total (la maison), devient cellule, lieu ambivalent, à la fois celui d’un combat et celui du refuge de « l’intériorité pacifiante », citant Pascal pour qui le malheur est d’en sortir pour aller se divertir. Selon lui, la chambre est aussi sa propre structure, un réseau très souple des lieux fonctionnels qui se répartissent en elle comme autant de points précis : le lit, la table de travail, les rangements, le lit pouvant être une structure à soi seul, comme celui de la tante Léonie dans la Recherche du temps perdu. Ma chambre n’est pas celle de Léonie, ni celle de Proust, de Jacob ou de Giovanni, mais simplement la chambre de Marcel, dans laquelle j’écris. À ce titre, lieu d’écriture, je la considère comme faisant partie du quartier et vous livre un peu de sa sonorité.
La Chambre de Jacob, Virginia Woolf, Éditions Stock
La Chambre de Giovanni, James Baldwin, Payot et Rivages
Répondre à Caroline D Annuler la réponse.