• climat 5

    quelqu’un frappe le bois noir de la nuit que les insectes scient


  • Ma vie au village – 26

    Être les pieds sueux dans la poussière et la chaleur moitissant l’aine en traînant sur la piste fait qu’on s’arrête un jour et quelqu’un dit c’est le village, on torche un peu de terre puis on oublie. Un siècle passe, c’est quoi même. Tout ce que connaissions de notre monde aboutissait au bord de la rivière, la sombre, trait brun charriant de l’or, des vipères, qu’en rêve avons franchi pour s’installer quasi dans l’immobilité sur dévers d’un bas-fond grouillant de croupissures de sponges et d’ensorcellements divers, mon dieu pourquoi, on s’est endigué là, en sommeil et mort spirituelle. Les sacrifices ont glissé à la boue, restent traces violines de ces corps inconnus sur le séché fluo des algues entre la terre et l’eau.

  • climat 4


  • Ma vie au village 25

    À lire en chuchotant ce qui précède, au milieu des cadences, hauteurs différentes de cris et l’eau chutant dans les bassines, à cette heure l’air étant moyennement numide, on se dit que la mort viendra comme ça avec demi-mesure, qu’il y aura un silence étouffé mais serein, une peine gracile, le presque-oubli du visage aimé et que sur le goyavier les colious n’arrêteront jamais leurs chicanes. Une main désincarnée me zérotera l’existence et tout soudain sera vert pâle, je verrai derrière l’horizon. 
    écrire absence ici
    puis
    J’ai la roche éruptive de qui vit d’une brèche ancienne en zone et phase de rajeunissement et des îles dans le golfe qui ont boulées d’en haut, la tête du solitaire paraissant pétrifiée mais l’œil sourit dans son orbite de lichen. Mon volcan s’éteint pourtant, se cache sous les mousses, le stipe d’un palmier là où sa pente est douce, courbé presque tombant, ne connait plus que brèves ascensions de laitance, des hoquets de liqueur.