Chemin tournant

Serge Marcel Roche

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  • Lignages – 10

    D’un peu haut l’on voyait la plaine,
    Presque le fruit des arbres, des murs blancs,
    Le côté gris des choses aussi.
    Le réel dormant dans l’oubli
    Semblait une plaque de lumière
    Posée jusque sur les monts,
    Avec en-dessous des fusions
    Et toi qu’on disait au ciel.

    De là n’ouissions pas le bruit d’ailleurs,
    Ce qui était derrière, la ville
    Des vrais gens, mais les voix étouffées
    D’une époque et d’ancêtres,
    Les locos passant la barrière ou
    Sur l’herbe le vent
    Entre les cerisiers.
    [C’était rouge d’un sang vicié,
    Violet parfois comme violé
    Sous les doigts, plein de rancune
    Acide de ne pas savoir quoi,
    Ne pas connaître qui,
    D’attendre, choir en nos bouches,
    Cueilli, d’être salive, ventre,
    Douleur qu’apaise un peu de noix.
    Finir ainsi et sans prière.]

    15 août 2015

  • Horizontal et l’ennui
    notation 8

    Pas de plus que rien. Attendre seulement.
    Il y avait une libellule sur le robinet d’eau.

    La notation est un art de forêts inconnues. D. Hasselmann

    11 août 2015

  • Lignages – 9

    Et les montées périphériques
    Dans une paix teintée d’ennui,
    À suivre le bas des murs,
    L’ enclos des propriétés,
    À cheminer là où l’on pisse
    Non pas de l’autre côté,
    On se faisait l’Observance,
    On allait vers le Cimetière
    Sans croiser beaucoup d’autos.
    En retrait de soi-même, lui,
    Toi là-haut plein d’opacité,
    Non tienne mais celle des mots
    Qu’on donne à ce qui est ignoré,
    Gravissions le point du jour
    Avec lenteur de pas, et toi
    Entre débris de rire, boutures
    De propos, étais comme un soleil
    Nappant les dos.
    Ah, le bonheur de rien,
    Aller ainsi
    Ou se tenir à table
    Contre le soir.


    8 août 2015

  • Horizontal et l’ennui
    notation 7

    Toujours été fasciné par le nom des fleurs,

    Suzanne-aux-yeux-noirs, 
    lanterne japonaise.
    La notation est un art de forêts inconnues. D. Hasselmann

    4 août 2015

  • Lignages – 8

    Ils jetaient par fausse fenêtre
    Trousse et nu-pieds en plastique
    Qui tombaient comme caillots de sang
    Plutôt qu’ouvrir le songe au vrai ;
    Fallait œuvrer pour voir honneur
    Sur un carton de viande sèche
    Où seul un signe du mystère
    Était la fissure de l’encre
    Et toi, taiseux, tu attendais
    La sonnerie des anges
    Ou la pluie.
    Cour étroite, pareille,
    L’on y creusait le pot,
    L’on y thésaurisait l’agate,
    Le bigarreau, des yeux vides,
    Sans veine, l’on y oubliait quoi,
    Qu’il y avait eu la nuit,
    L’épouvante qu’on ne savait pas,
    L’émoi des nerfs quand les sirènes,
    Puis d’autres cris dans la blancheur,
    D’autres morts, des palinodies,
    Que c’était une vie de façades
    À peindre par-dessus l’horreur.

    1 août 2015

  • Horizontal et l’ennui
    notation 6

    Un grillon dans la chambre ou une grenouille minuscule.
    Petit duc jouant avec mes deux jacos.
    L’on m’offre un paquet d’authentiques gavottes.

    La notation est un art de forêts inconnues. D. Hasselmann
    28 juillet 2015

  • Lignages – 7

    Confusion des couleurs,
    Existe un autre monde,
    Ailleurs, obscurément perçu
    Par touches de regard,
    En-delà du plaisir de vaguer
    Sur les lignes géographiques,
    Les courbes du climat,
    Quand d’avance l’on sait
    Que toutes choses sont
    Très loin derrière le rêve
    Ou l’antériorité de la mémoire.

    Marchions sous un soleil pendu
    À hauteur de balcons, d’enseignes,
    Soleil séchant le vent voulant
    Sortir de nous, désir d’aller devant
    Et de se rendre où, soif intimée
    Par tant de lumière, hors,
    Il pressentait qu’à portée de main
    Est un autre décor,
    Vivre à défaire nuées où tu te tiens.
    Je crois qu’il te reproche ce silence
    Et le bonheur très vague dans les rues,
    Les attentes chez le pharmacien,
    L’odeur des commerces,

    Alors que tu es partout.

    25 juillet 2015

  • Train

    Le Lyonnais au départ de Perrache
    Georges Vermard
    Bibliothèque municipale de Lyon

    22 juillet 2015

  • Lignages – 6

    Deux mondes incertains
    Se croisent au coin de l’œil
    Sans contour
    Tant dans la chambre
    Qu’en bord des quais lointains,
    A l’aine qu’accostaient de longues
    Péniches noires ou
    Sous la verrière de la gare les trains,
    Quand suivant un détour
    Et les mouchures de la tapisserie,
    Voir ne pas voir où tu me conduis.
    Il est dit que ta parole est parole
    Mais il ne se souvient de,
    Sinon l’ombre quand on sortait.

    Hachures. Être à côté.
    Troublément croire
    Que tu n’es pas où.
    Non, pas savoir encore
    Que les mots sont surface,
    Crépi, grisure de temps.
    Être en, soi peut-être
    Qu’on ignore, dont ils ne
    Prononcent que l’écorce
    Du nom et leurs dents
    Nous séparent, butions
    Contre leurs dents-frontière,
    Contre le mur des bouches,
    Le tonnerre de ta voix.
    18 juillet 2015

  • Horizontal et l’ennui
    notation 5

    C. a chez elle des poissons d’argent.
    La phrase est belle, hormis l’inconvénient.

    La notation est un art de forêts inconnues. D. Hasselmann
    14 juillet 2015

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ISSN 2610-7449
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