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| L’art de marcher dans les herbages
le jour
son pendant à porter
les pistes à départir
les heures à remonter
le prochain pas à faire
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Auteur : Serge Marcel Roche
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Bois rouge : en elle, la forêt (2)
Mienne
Et non mienne
A moi venu d’ailleurs
D’entre deux fleuves
De ville ancienne
D’entre collines
Puis de plaines
Et de terres froides
Sous la bise
De bois taillis
D’oblongs prés
D’obscurs étangs
De peupliers
De noires grailles
Dans les ramées
D’agarics brillant de rosée
Et du coucou à nuit tombante
En elle donc descendus
Par forte pluie
De celles qui donnent
Couleur d’ambre à la terre
Les hommes dans l’oubli
D’abord dit-on cigognes noires
Cigognes noires et silencieuses
Au chant des gouttes de la nuit
En elle seuls
A l’écoute
Inventèrent la musique
A tout départ de chant la pluie
A tout départ d’ailes le vent
pour marimbas, sanzas, tambours de peau, hochets
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Bois rouge : en elle, la forêt (1)
Retour en elle
En l’antre qu’elle estLa gravideLa familière même sous la lune lourdeL’entière pleineAvide et nueTout commence par les marimbas de la nuitChant des gouttesDe miel denseDe sève acideD’eauEt de l’amante nuitSur elleA tout départ de chant la pluieLa pluie sur les lamesLe vent des mains dans les coques brunesLes sons naissantLes premiers sontD’humide timbre de terrePuis viennent les grenouilles heureusesEn long prélude aux dansesQui scient le bois noir de la nuitQui fendent le silenceLes coassantesD’air de boue d’eau de feuTout commence en elleAu milieuEn son ventreEn sa lisse trouéeOù sont tombés les hommesIssus d’une grande pluieD’en-haut venusAvec l’oubliEn elle doubleLa légèreLa pesante
pour marimbas, sanzas, tambours de peau, hochets
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Le milieu du sommeil
Au long du mur un peu de lune descend le chemin en peignant les cheveux des belles mexicaines. C’est rose et c’est d’argent. Le pagne de la nuit déroule les yeux noirs d’une femme qui se promène. Il ne pleut plus, mais l’eau creuse encore les ravines. Les grenouilles font un bruit d’usine, entre les cases où l’on file un vieux rêve sans fin.
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Une tête de pierre posée là sous la pluie solitaire tranquille Les herbes de la savane se couchent à regret Quelqu’un tire le drap de la nuit Un visage apparaît si l’on se penche si l’on se tait si le regard abstrait l’énigme de la longue attente du jour Un oiseau dit crépusculaire se pose dans le creux de l’oreille Un palmiste écoute le vent éveiller l’ombre des paupières La tête dort selon le temps les yeux ouverts ou les yeux closprolongement Brancusi /commentaire Francis Royo
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Prolongement imagé du commentaire de @francisroyo / Analogos
Brancusi bronze 1910
The Metropolitan Museum of Art
© 2011 Artists Rights Society (ARS), New York
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Là-bas
Une piste part vers le rocher. Il faut traverser des trous sombres, la forêt pend de chaque côté. Plus loin pas d’autre ombre que des mains jointes sous le vol d’un aigle, une île où l’on peut de toute part tourner le dos, se laisser prendre par l’esprit, le sien, celui de la pierre, des oiseaux, celui du vent, être emmené plus haut hors du temps qui sépare, hors des paroles humaines. Un repos. Un amen dans le soir.








