Chemin tournant

Serge Marcel Roche

    • Sur le chemin
    • Parution 2025
    • Parution 2023
    • Mini bio
    • Infolettre
    • Contact

  • Sans titre

    J’écris à l’ange toi, parti loin de ce loin où nous étions déjà de nos pays, à Pâques tu partis je crois ou l’un des jours proches de ce temps tout blanc dans l’esprit. Après le sang sur les collines tu savais ce que la joie. Maintenant, en juillet, c’est la nuit des moustiques. On a bu des bières au sous-sol jusqu’à 4 heures du matin, j’ai dormi dans ton lit et toi avec Nicolas. Une fois, une fois seulement, tu m’as parlé de la fuite, la longue traversée des forêts par les deux Congo. Vous aviez dû quitter la terreur dans la ville. Il y eut peut-être un bout de parcours sur une plateforme de train. Tu as fait le pousse à Ouesso, juste avant la frontière, plus tard lavé ce presque mort quand je ne pouvais rien. Près des chutes du Saint-Laurent, on s’est ennuyé sous les arbres maigres à voir le fil ridicule de l’eau. On est allé à Ottawa. Au retour tu roulais trop vite. Je n’aime pas, l’ange, quand tu pars, j’ai la gorge serrée et dans l’œil comme un tableau cru de Hopper : l’arrêt du bus en face de TOUT À 2 DOLLARS.

    9 novembre 2019

  • fréquence 18 (2-3)

    Est-ce ce qui heurte les parois et ce qui les dépasse, le dedans-dehors de tout, un vent, l’unique venant d’où, (nous disons : contre le rampant, la surface, alors qu’il parle une autre langue, ou contre la viande humaine, le sexe, la dépravation, puis une suite de choses qui seraient ordinaires et vaines) toujours ailleurs que dans la lettre, les mots, les livres, la poésie, et quand on le prononce avec nos bouches on ne sait rien de ce qu’on dit. Et l’autre, presque jumelle bien que mécanique, stellaire, ce qui par son dépouillement nous illustre, le monde, la terre, et de temps en temps le tintouin de la vie : l’interrogation, nue, solitaire – contre-choc des corps-chair(s) : un éclair d’où en l’homme naquit l’extérieur-dieu, le grand monstre des peines, dans la stupéfaction que se déchire le ciel au moment le plus doux. Elle, peut-être lui, l’emplissement vers quoi tendre le cou, qui n’est pas le fugace mais le vrai temporel, son silence amoral.

    7 décembre 2018
    Esprit, Lumière

  • « Conversation » en images, 4

    conversation7

    C’est la nuit déjà
    Le silence

    Parlons d’enfance
    De son rapide envol
    De la vie qui n’est que rémission

     

    Illustration d’Olivier Dende
    Conversation, Éditions Qazaq
    Téléchargement gratuit

     

    2 septembre 2018
    Conversation, Enfance, Nuit, Silence

  • « Conversation » en images, 3

    conversation5
    Ton regard dans les branches, ma pensée inquiète, sont les contours de la nuit
    conversation6
    Il y a ce silence de sable devant la mer

     

    Illustrations d’Olivier Dende
    Conversation, Éditions Qazaq
    Télécharger gratuitement

     

    19 août 2018
    Mer, Nuit, Regard, Sable, Silence

  • « Conversation » en images, 2

    conversation3
    A notre insu, dis-tu, l’œuvre de la lumière
    conversation4
    Serait-ce l’arbre qui monte aux bords de nos yeux

     

     

     

    Illustrations d’Olivier Dende pour Conversation
    Éditions Qazaq, 2016 – Téléchargement gratuit

     

    12 août 2018
    Arbre, Lumière

  • « Conversation » en images, 1e

    porte bleue, illustration d'Olivier Dende
    J’ouvre la porte bleue, j’attends, les deux jacos frissonnent
    conversation2
    La lumière orange chante dans le verger

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Illustrations d’Olivier Dende pour Conversation
    Éditions Qazaq, 2016 – Téléchargement gratuit

     

    10 août 2018
    Lumière, Orange, Porte

  • Il n’y a pas de ligne droite

    Après six ans sur Blogger, nouveau véhicule pour Chemin tournant.
    Quelques mots de Deleuze pour marquer ce changement…

    La limite n’est pas en dehors du langage, elle en est le dehors : elle est faite de visions et d’auditions non-langagières, mais que seul le langage rend possibles. Aussi y a-t-il une peinture et une musique propres à l’écriture, comme des effets de couleurs et de sonorités qui s’élèvent au-dessus des mots.

    Ces visions, ces auditions ne sont pas une affaire privée, mais forment les figures d’une Histoire et d’une géographie sans cesse réinventées. C’est le délire qui les invente, comme processus entraînant les mots d’un bout à l’autre de l’univers. Ce sont des événements à la frontière du langage.

    Toute œuvre est un voyage, un trajet, mais qui ne parcourt tel ou tel chemin extérieur qu’en vertu des chemins et trajectoires intérieurs qui la composent, qui en constituent le paysage ou le concert.

    Deleuze, CRITIQUE ET CLINIQUE, Les Éditions de Minuit, Avant-propos

    5 août 2018
    Chemin, Deleuze, Frontière, Langage, Paysage, Voyage

  • fréquence 18

    Forcément se perd la douceur d’un trait, d’une ligne filant muette, dessous, intérieurement hors et par les côtés de l’être, chuintante comme le premier pas, en suite qui s’efface – n’allons au bout, quelque pic ou rivage, qu’au prix de ce soupir né d’un entr’ouvrement, de l’aperture des lèvres sur la peau d’une main – malgré marcher tout à l’écoute, en ourlant l’ombre des routes, son dessin dilué par lenteur ou célérité, fuir le vacarme automatique en pistant l’écho du parler dans la denture et le cerveau. Ce qui va où passe à travers par les nervures du cuir sous forme de murmurations, bruissements divers, capture des sons à peine devant, juste au dessus du front, le but n’ayant à faire avec le voyage, mais le mouvement de l’instant, le surplace aussi, la vacance, les faux-fuyants dans une marge, même en cours de, l’échappatoire, la ruse, le reniement, l’abandon. Sans cesse à quérir ce bizarre discordant, brûlant doux au regard, qui s’entend, nous taraude de sa distance, se laisse obscurément voir, approcher quand tu es nu, perplexe et titubant, par le fatal détour de soi où l’on s’égare.
    29 juin 2018
    Chemin

  • fréquence 20

    S’enfonce une cale dans la nuit. Cognée dont le bruit sépare. Fait une fente par où le jour. De même qu’entaillant ce corps multiplié, nos mains diurnes réverbèrent tous les sons de l’obscur. On équarrit sa propre chair. La creuse au couteau du temps. Évidant le membre choisi avec espoir d’aller sur l’eau. De traverser droit, bien qu’assis, vibrant d’ouïr le chant des morts, le grelot de leurs ossements. Les craquements de l’incendie. Mais l’axe toujours se dresse.
    Et la terre pulvérulée qui sous les portes glisse enduit le sol des maisons, et les rêves, et les pensées, jusqu’à l’irrespiration. Car l’on étouffe aux crispations de l’air entre le maudit rampant, la chute, l’érection du signe au désert où les amers sont mouvants, entre l’état végétal du livre, le bris de sa copie de pierre, ses veines qui se vident, dessèchent, et son lent émiettement. Poudre qui rebrousse au vent.

    16 juin 2018
    Bois, Poussière

  • S’insinuer dans l’ambulant

    Musique : Jean-Paul Prat Light through the veil

    1 juin 2018

Page Précédente Page Suivante
ISSN 2610-7449
  • S'abonner Abonné
    • Chemin tournant
    • Rejoignez 157 autres abonnés
    • Vous disposez déjà dʼun compte WordPress ? Connectez-vous maintenant.
    • Chemin tournant
    • S'abonner Abonné
    • S’inscrire
    • Connexion
    • Signaler ce contenu
    • Voir le site dans le Lecteur
    • Gérer les abonnements
    • Réduire cette barre