Ngola la nuit

Ngola s’aborde aussi la nuit, avec des corps d’ombres, ses lumières presque passées, défaites et le fil de son œil qui tourne à l’angle d’un désespoir. On voit des mains gémir contre le mur des cours et des vies de non vivre marcher là pour s’offrir au risque de la peau — la vitesse de l’auto fractionne les désirs. On voit des faces dont les yeux n’accordent le regard qu’à la honte d’autrui et sa fierté secrète, aux plissures cachées de l’iris dans l’orbe du hasard. Veillent des mannequins sans bras, blancs d’un silence trop plastique. Leurs songes froids de choses meurent au fond des boutiques, derrière sur un peu d’eau flottent les rognures du jour, tous les cheveux coupés, des rajouts qui n’ont plus de tête. Là où plus loin les néons clignotent, ayant rabattu sa capuche, quelqu’un rentre le cœur éteint.

Ngola la nuit (son corps caché)