Chemin tournant

Serge Marcel Roche

    • Sur le chemin
    • Parution 2025
    • Parution 2023
    • Mini bio
    • Infolettre
    • Contact

  • Installation océanique

    Installation océanique 1
    Installation océanique 2
    Installation océanique 3
    Installation océanique 4
    12 novembre 2017

  • 86 de Ma vie au village et 10 du glossaire incertain

    Ne suis-je plus qu’une ombre sur la véranda à qui l’on porte un peu de pitance, du gésier de poulet, une silhouette qui s’efface, ou comme une forme humaine en peinture chinoise assise au bord de l’eau. J’incruste encore le papier, une main me grattera la face au couteau.
    Sommeilleux dans l’immobile à guetter l’occasion, le voyage, et demeurant souvent sans rien attendre, je pars du récepteur organique, de sa fixité mouvante. L’œil reçoit ce qu’il regarde, puis la vision se forme à l’intérieur de lui. Que dit le devant moi, à portée, je l’ignore. Peut-être est-il en nous un autre que le langage humain, un secret parler comme celui des choses, des plantes et des bêtes, communiquant avec l’immensité ou le plus petit rien, la luciole d’hier au coin de la fenêtre, la blancheur minuscule d’une fleur de gramine. Lâcher les mots pour cet idiome, sa fluidité. L’image de la vision, alors en l’œil, est une voix. Je l’écoute qui ne parle pas, je la regarde aussi, je m’étonne. 
    3 novembre 2017

  • Ma vie au village – 85

    Des cafards crevés, fruits (secs) de l’absence (de moi). déverbage de pluie. le carrelage de l’ennui frotté au savon noir. Puis l’interrogation que t’auras tout manqué peut-être. les amours infernales. de n’avoir pas assez marché. pas vu sur l’eau des vitres les reflets qu’ensuite longtemps tu peux pister avec un sentiment intérieur à la peau. que cette brutalité te sortait du mensonge, de le destin commun d’une couenne universelle. mais les autres aussi. non. adeptes du rut contractuel et de l’infidélité, du sexe réglé par un serment. Jurons contre la nuit, l’allergie de, la lune, les chiens. la prose statique.

    Matin de chasse au rat ou d’un porc évadé, tu penses à ses yeux qui deviennent humains.

    La ville là-bas est faite de la glose des pas, d’un urbanisme de l’intime, des multiples socialités, l’au jour le jour des traces dans la rigole et la chair des marchants, une autre mémoire. Où tu mets le pied, la main, la place encore du feu. Hors la ligne. Dedans, c’est pour la nuit et la multiple ombre diurne. Cependant il faut penser le tout-à-l’égout. Au pourtour du centre (où les Pouvoirs) ce n’est pas de fabrique et non plus comme on dit que ça s’agglutine mais on s’arrête sur la position de l’instant, au surplomb du temps, aussi prenant la part que nous laisse l’invisible puissance qui a remplacé le vieux dieu. 

    21 octobre 2017

  • Poème d’amour et de Pygmésie (3)

    et la mer était
    tout le temps là
    dans tes cheveux

    en ruisseau le long
    des filets verts
    au creux

    des mains qui halaient
    le poisson et le cœur
    en nous

    d’un matin
    goût citron
    couleur de chair sanguine

    puis une auto
    nous emmenait
    faire le marché

    puiser le vent
    sur la terrasse
    chez Thérèse

    jusqu’à pas d’heure
    où rentrer se laver
    dormir

    et cueillir le sel de la nuit

    Publié initialement sur le site Les Cosaques des Frontières

    24 septembre 2017

  • Poème d’amour et de Pygmésie (2)

    plage - littoral Cameroun

     

     

     

     

     

    nous avons fui les chutes
    où se noient des touristes
    pour une piste verte
    malgré la saison
    tu trouvais ça joli
    passé le port marchand
    et les alignements
    d’un village idéal

    la mer par moment
    peut-être étions loin d’elle
    la voici là pourtant
    après le vieux pressoir
    toujours aller devant
    puis s’arrêter enfin et
    qu’importe où nous sommes

    plus clair que ta peau
    le sable ventre d’oiseau
    sous les arbres qui penchent
    aucun bruit de ciel
    ni d’eau à l’écart
    dans le secret

    l’horizon nous sépare
    une chose inhumaine
    un rien moins que l’écume
    ou la forêt derrière
    comme un tombeau

    allons nous asseoir
    sur la branche
    près des éléphants
    qui sommeillent

    eux se souviendront
    de nous du rêve
    d’être ainsi

    couchés dans le silence
    à l’ombre

    d’un chapeau

    texte initialement publié sur Les Cosaques des Frontières

    9 septembre 2017

  • Poème d’amour et de Pygmésie

    rochers et filets

     

     

     

    revisser la formule
    des pièces emportées
    par les cargos de nuit
    qu’aux dos d’elles l’on note
    des provenances imaginaires
    villes penchées sur l’eau
    ou
    pays des caresses
    et de la fantaisie

    en quittant les rochers
    ceints de cordages bleus
    de grises effiloches
    passant le bois flotté
    remonter le chemin
    devant notre maison
    celle qu’avons rêvée
    quand il fallait partir

    ne sommes pas allé
    jusqu’à Rio Campo
    mais ce n’était pas loin

    initialement publié sur Les Cosaques des Frontières
    lu par Éric Schulthess  CarnetdeMarseille 
     

    2 septembre 2017

  • Saison de verre 9

    Hier il a campé une troupe de hérons
    Sur les premières branches.
    Semblable à de la neige.
    Non loin d’ici, devant,
    Comme les sapins des pays blancs
    Les chestnut dioon étaient couverts
    De filandre soyeuse, d’un tissage savant
    D’étoffe et de rosée

    Il y avait cette présence, ce quelqu’un,
    Mais où ?
    Dans les toiles d’araignes
    Qui semblaient des voiliers sur la mer des arbres
    Dans les senteurs de cire et de frangipanier ?
    Cette odeur du matin
    De gens debout devant les portes

    Brouillons retrouvés
    supplément au Journal de la brousse endormie
     

    26 août 2017

  • Saison de verre 8

    La ville tourne
    Marche
    Ronde de nuit
    Des bars des taxis
    Et du brouillard orange
    De la lumière étrange
    Des phares
    Des braseros
    Du froid de l’eau
    Au bord du marécage
    Danse de la poussière
    Où tout se mélange
    Les cris le tapage
    Des grenouilles
    Et la triste rumeur des hommes

    Brouillons retrouvés
    supplément au Journal de la brousse endormie

    19 août 2017

  • Saison de verre 7

    Le ciel est jaune derrière la scierie
    Comme un pan de mur sale dans une rue déserte
    La lune de son côté tire à elle tout le sang
    Prépare une nuit mauvaise aux pauvres gens
    Un sommeil rouillé
    Des rêves en fer-blanc
    — En bas sous les néons rose ou vert
    On passe au nouvel an
    Quand au-dessus des arbres
    Une étoile se pose
    Et s’attarde un instant

    •

    Il regarde un rectangle de lune grise
    Dans la chambre obscure
    Son reflet sur la serrure
    Il écoute les gens qui vont en bruissant
    Avec leur bon ou mauvais sang
    Du lit à la porte bleue
    Et ce qui le sépare d’eux
    Le marmonnement de la sente
    Le mouvement doux des plantes
    Et le vol des oiseaux de nuit
    Le silence de toutes ces choses
    Sous leurs pas

    Brouillons retrouvés
    supplément au Journal de la brousse endormie
     

    12 août 2017

  • Saison de verre 6

    Il ne dort pas
    Il pense à la ville blanche
    À ses terrasses ses tristes toits
    Où son regard se vidait de l’ennui
    D’être ailleurs qu’auprès des grands arbres
    À la morose médina
    À la mer qu’il ne voyait pas
    Aux rues endimanchées
    Il pense qu’il aurait pu vivre aussi là-bas
    La même saison de cendre
    Mais le sommeil ne vient pas

    •

    Sans fin à flanc de ville
    Brûle une géhenne d’écorces et de lambeaux
    Les hommes la nuit dépècent le bois
    Au loin de grands bateaux qu’on ne verra jamais
    Portent en des pays froids
    Les membres morts de la forêt

    Brouillons retrouvés
    supplément au Journal de brousse endormie

    5 août 2017

Page Précédente Page Suivante
ISSN 2610-7449
  • S'abonner Abonné
    • Chemin tournant
    • Rejoignez 157 autres abonnés
    • Vous disposez déjà dʼun compte WordPress ? Connectez-vous maintenant.
    • Chemin tournant
    • S'abonner Abonné
    • S’inscrire
    • Connexion
    • Signaler ce contenu
    • Voir le site dans le Lecteur
    • Gérer les abonnements
    • Réduire cette barre