Chemin tournant

Serge Marcel Roche

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    du rouge et du noir un autre aspect

     

    7 mars 2017

  • maison verte

    maison verte

     une suggestion (dit @GiovanniMerloni)

    5 mars 2017

  • Ma vie au village – 75

    Ville d’où je m’absente, condamné par trop de regards, où je hisse à la corde des seaux d’ennui et de l’eau grise, descendre monter sans comprendre ses courbes ni retenir les noms donnés et lire ce qui n’est pas écrit sur les façades céramiques, la vie des ombres derrière les murs. Aussi, dans les ravins équevillés, la danse des petits frères de la nuit. Je est un étrange. Caché. On tourne jusqu’à l’épuisement d’une force que n’ont pas ceux qui subsistent le jour, les qui s’arrogent droit de mort, allant chemin au milieu d’eux d’un autre monde.
    4 février 2017

  • glossaire incertain – 8

    Parfois je vais à l’arbre, son faîte dénudé, je descends. Il y a le coude de la rivière. L’aire où sèchent les fruits d’Éthiopie, l’ombre des branches qui donne là une teinte caramel à la terre ; je plonge mon nez dans les taillis, inspire où sifflent des amarantes, flaire la paille sèche de leurs nids, plein de papillons sur la bouche, l’humide remontée du fond des termitières, et je pirogue à sec parmi les épices. Au milieu du tronc la couleur se sépare créant une ligne comme sur un cuir foulé, en brun velours, ambre-mélisse, peut-être un ancien sang ressurgi d’une greffe a fait ce fût métis, en a doré l’écorce, et lui se dresse au bord de l’abreuvoir des biches, autre horizon qu’explore la main. L’on pourrait en rêvant lancer sur l’eau des calebasses de lait, les suivre jusqu’à l’anse où se tenir muet, sans fin, parmi les herbes.
    28 janvier 2017

  • notes à propos d’un paysage (12)

    La forêt est toute petite toute petite soudain, et si fragile, qui rétrécit comme s’évapore l’eau racornit le plastique au monstrueux soleil, en moi le rêve d’elle va, champ de buissons qu’une main caresse sous un désert lisse et deux mausolées aux coupoles violine qui se répondent quand le vent passe avec l’odeur du café et des vieux incendies. Au-dedans toute petite mais au-dedans de quoi ? d’un territoire ? non, pas plus d’une langue qui sert à dire, mais non, je n’ai que mon regard, elle serait dans l’œil, ou plutôt, la liberté de moi qu’il a de voir, refus aussi que d’elle on m’impose une image et voici son vocabulaire et voici sa musique, une sonnerie aux morts. Être en elle c’est être hors de soi, le soi-disant qui sait, c’est le nous de soi d’elle, ce que je suis quand je la vois, mon visage.

    Peur qu’un jour elle ne soit plus là. Ni toi, la brousse de tes cheveux, ton corps.

    21 janvier 2017

  • Ma vie au village – 72

    Je me réveille depuis à une heure bilieuse, au moment de l’hystérie des chiens ; à l’Ambassade pourtant loin encore de la musique, ça dure, ensuite les muezzins, un long gémissement ; tout autour me brûle. Sûrement quelque sorcier, quelque femme-panthère, l’âme errante d’un vieux guerrier ou les démons lunaires. Toujours la gratte, y laisser la peau, la morve à extraire entre deux mots que je cherche au plafond, dans les plis du rideau et sur les étagères. Remplir des lotus, ça prend la forme de fleurs âgées, princesses des poubelles.

    Je rendors la bête qui ne sait quoi penser.

    14 janvier 2017

  • Ma vie au village – 71

    Extraction de saison, qui nous sépare du monde, un rideau de poussière jusqu’en la gorge des oiseaux, tournent les machines de la terre, leurs ailes qu’on ne voit pas, grandes comme plusieurs ciels. Une épidémie de corbeaux assoiffés, ça gutture de la trachée sans cesse, fait un bruit de train au départ sur les toits. Toujours l’ennui, mais qui finira bien, le déjà-dit de la cendre, le typhus et son refrain, peut-être des méningites. Encore le même chien.
    Des fourmis blanches me bouffent le cadre, je m’écaille de la guérite, et pourtant le cœur tient.
    Il y a, qui n’existe pas, une Pygmésie intérieure où je vais, un certain microcosme autour en moi étant vulgaire, je descends, invisible, ce qui est facile à faire car le grand nombre n’entend rien. Les initiaux de la forêt, qu’on redoute pour ce pouvoir, disparaissent aussi par l’oreille. 
    5 janvier 2017

  • glossaire incertain – 6bis7

    Toujours les trois dans leur renfoncement, la part obscure, celle de la terre et celle de moi, en trompe-l’œil ; personne ne voit, sinon le passant de la nuit peut-être, qui entre en soi trouver l’insommeil, avec une forme inconnue de joie, et s’il y a des lucioles tombant mortes sur le chemin c’est que l’amour a peur de tout parfois, alors se presse, au sein d’écueils, à distance de qui opprime. Se desserre-t-elle leur étreinte, à quelque heure qu’on ne connait pas, où chacun marche en son endroit, au lieu secret du cœur de l’un, vers des paysages qui brillent ou du sable orangé. Ne sont au fond que deux, l’autre étant la tendresse, jeu de la paume de la main. Les arbres nous comprennent.

    trois arbres entrelacés
    31 décembre 2016

  • Résidence Ndzomga à télécharger

    Du 30 novembre au 21 décembre 2016, chemin tournant a accueilli Franck Stéphane Ndzomga, jeune auteur Camerounais.

    J’écris toujours vite, dit-il, presque jamais à tête reposée.

    Douze textes, comme des « instantanés photopoétiques » que vous pouvez télécharger (format PDF) : Résidence Ndzomga

    @ndzomga
    29 décembre 2016

  • glossaire incertain – 6

    Au départ du chemin creusé par nos pas sont trois qui s’entrelacent vers quoi – le ciel qu’on ne distingue plus qu’avec de la peine ? et qui ne descend pas, où les milans promènent leur bec ivoire comme dent jaunie par le tabac, un ciel gris d’eau sur très lointaines mers au coin de la fenêtre, trois qui s’enserrent et qui s’embrassent en même poussée cherchant la sève unique. Là j’écoute le camaroptère dans les fouillis du matin, un gobe-mouches caronculé en mi-bémol majeur avec  parfois une fausseté, des merles métalliques à la sonore raucité et qui ont un œil blanc, sur les ailes des reflets de porphyre, le reliquat d’un sang craché.

    26 décembre 2016

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ISSN 2610-7449
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