Chemin tournant

Serge Marcel Roche

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  •           la nuit des étals

    étals dans la nuit à Yaoundé
    étals dans la nuit à Yaoundé 2
    étals de nuit à Yaoundé 3

    10 février 2016

  • Ma vie au village – 39

    Saison de glaire, on mouche le lotus plein, les doigts, c’est le boubou qui nous démorve quand on habite la poussière, la peau fane jusqu’à demain, faut la râper, ça revient, vive le temps des anémies et que l’hôpital vomisse, on dégorge comme des escargots. Je renifle à la lune, au globe du portillon d’entrée. Viscosité du ciel mental et l’autre, raidi, sec, traversé de calmes hérons. On s’occupe à des sinusites, des enrouements, des rhinos, même les ducs la nuit purulent. Comme tout gerce, fendille, capsule en poche les passants se mentholent lèvres et naseaux. Époque des palus sanguins et cérébraux, du typhus recrudescent dans l’eau, des quotas de méningites, on erre ventre parfois qui coule sur le chemin, allant bas de la tête ou revenant de loin.
    6 février 2016

  •      sous pluie taxis de nuit

    taxis de nuit à Yaoundé
    taxis de nuit à Yaoundé 2
    taxis de nuit à Yaoundé 3
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    taxis de nuit à Yaoundé 5

    2 février 2016

  • Ma vie au village – 38

    [me remonte thymique une nuit d’engoulevent] le retour serpentaire au ventre dévidé en absence de tout, des yeux rouges dans les phares au milieu, étoiles chutées du plus haut de nous qui descendions des failles du rocher, risquant l’approche, hésitant l’élan, et presque sous les roues ils fusaient à la verticale entre montagnes d’ombres, le fond d’un lit de terre, on ne voyait les étendards ni les papillons de leur queue mais l’ocre déformée de la misère des cases qui nous giflait la face doucement, au corps froid de la pierre et l’odeur fumée du bois, ces yeux-là se tapissent dans la poussière des séparations, les levions au passage et des motocyclistes aussi se jetaient par côté, des qui contrebandaient en pièces mécaniques ou petits bouts de verre, les contours franchie l’aviation avec formes ogresques, fantasmiqes et spectraires, dansaient sur notre peine puis enjambant, sticks droits, les pins tournions, peut-être encore une paire au croisement plus loin s’effilait à monter dans l’air sachant qu’un ange ayant souffert partait au Canada.
    30 janvier 2016

  • L’état d’urgence aussi pour les poissons

    Lorsque la porte d’A. par enfoncement fut ouverte ils ne trouvèrent que du vide entre les murs, le sol et le plafond, c’était au fond de l’arrière-cour une pièce en blanc de chaux, peu fenêtrée mais étrangement claire ; (pourtant) dire qu’elle ne renfermait rien est faux : un poisson logeait au milieu sur un massif tabouret dans un récipient de verre. Ils déconcertés se regardèrent et toute leur pensée heurta l’œil de l’unique occupant puis glissa. Plaqués contre violemment les mots Assignation Résidence Préfecture et Perquisition qu’il vit déformés bien sûr et ne pouvait comprendre inondèrent la paroi et son animal esprit ; pris d’une terreur d’alevin, d’immature, il se réfugia au centre dans le château en plastique peint. Longtemps les hommes sondèrent des cloisons chaque centimètre qu’un carré contient puisqu’aucun livre, aucun papier, aucun carton. L’un d’eux dit : rien ; l’autre : les souverains renseignements assurent qu’A. n’a quitté ni la ville ni le pays ; encore (le troisième probablement) : pas étonnant que soyons si peu, c’est vraiment du menu fretin. Oui mais (le premier et l’autre toujours d’accord) faut se méfier de l’eau qui dort. Le carassin sorti de chambre se tenait près du portique japonais et mordillant des algues alors. C’est un comportement suspect. Sa caudale battait nerveusement la jambe pliée par l’effort d’un scaphandrier gris. Dont évidemment on ne voit pas le visage. Il y a des bulles qui sortent. Un coffre-fort en simili rouillé. Un navire épavé. Un mini-cadre photo format d’identité posé sur une dalle funéraire ; c’est le portrait d’A. quand il était bébé. C’est lui. Ne pouvons retenir un fantôme au lieu-dit, formule celui dont l’autre est toujours d’accord. Et le troisième rendons à l’évidence ce qui est : il n’y a personne ici. Hormis cette créature en eau trouble. Ça sent légèrement l’ammoniac. Il chie de peur le salaud. On prélève un peu de liquide pour la police scientifique. Le cyprin suçote le haut d’une amphore de facture grecque ou romaine. Nous confirment là-bas qu’on assigne ce poisson de merde, donc une bouche énorme et humaine se penche et crie. Le sable au fond est joli, très fin en couleurs multiples, avec de toutes petites plantes vraies qui frémissent.

    l’état de sécurité, proposition d’écriture de la webasso

    28 janvier 2016

  • Èlépi-o! Faudrait danser pareil avec les mots

    26 janvier 2016

  • Ma vie au village – 37

    Donc rester, tu n’irais pas après ni delà, plus avant que le coin de rien, une touffe de marguerites en surplomb du fossé, car c’est au même toujours qu’on se heurte, à la stagnation de l’humain, sèche boue tandis que les fourmis vampirisent le peu de fraîcheur, ne pouvons sans être mordus au-dedans par des mâchoires politiques ou des dentitions littéraires trouver un lieu de bien sous la voûte, un olympe, un tout petit endroit de soi sans colère pour deviser, pour taire, avec autrui en juste distance, genre fines ramures entrelacées des pompons de marin laissant passer rose lumière ou gerbes mauves de bougainvillées qui ne se voient qu’au jardin, tu rêves d’un truc à la française pour géométriser tes pas ou de pivoines, mais s’en aller pour où pour quoi, toujours vers un tombeau qu’on va.
    23 janvier 2016

  •  enfant de saison sèche


    enfant d'Afrique centrale

                                                    dans la gerçure du temps

    21 janvier 2016

  • Ma vie au village – 36

    Le cadre est trop grand-étroit pour embraser le paysage (pratiquer l’ouverture à pointer le canon, la saignée dans le mur) et soi en faux réglage de mire, voulez-vous fermer fenêtre nouvelle étendue plane et blanche? le froid est revenu en cycle de poussière, vent qui grime l’écran on est face au vitrage, les lippes gercent et les yeux larmoient, avons grain dans le gosier, du tapioca de sable, pleuve de bois brûlé, on boit des escarbilles venues par alizé du monde en feu tout autour très loin, alors partir rester mais fuir le labo, compte-gouttes, solutions, ce genre de guerre qui t’use et jusqu’à fatigué marcher sur le chemin, passer des tortues endormies, des pelades de fauves couchés dans les branchages morts, des squelettes d’oiseaux à bec rendu ligneux. Sais-tu que cendre vient, qu’aussi la pensée s’incinère d’elle-même, que l’esprit est en crémation, qu’on tambourine du deuil à la frontière, que si pourtant pourrait se faire que l’amour soit, que non, pas cette sorte-là vouée à trop de honte, au malheur, à la haine
    16 janvier 2016

  • Au bord de l’eau

    Dernier jour de janvier près du poste frontière, les eaux de la rivière qui sont en pluies couleur de terre, de tabac sec, courent presque vertes mollement, tout est morne, figé, hors elles seules au regard entre la rougeur terne d’une rive opposée, trait de craie malhabile sous les racines d’arbres endormis et la ligne ferreuse de la route qui tourne brusquement. Un peu de réflexion grise comme le mortier. Traverser par le bac, mais lui gît échoué. Dans la case en brique de terre, toit de palmes tressées, fraîche, solitaire, ombrée, vide aussi, il dormit à même le sol de la première nuit sous des essaims de libellules et suivant le tracé, yeux rouges, milliers d’ailes, un silence vibrant. Et l’on portait des grumes entières par de gigantesques détours. Ou l’on traversait en pirogue, n’allant pas loin de l’autre côté. On se noyait souvent, parfois de nuit, le fond plein de ferraille et dit-on d’ossements. Le bac était engravé.

    la suite est sur le site Les Cosaques des Frontières

    13 janvier 2016

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ISSN 2610-7449
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