Paysage

Le sec s’insinue des lèvres jusqu’au pli des cuisses, des collines bordant un parc d’herbes brûlées aux deux tertres figés plus haut dans l’image. C’est une photographie à l’aperture secrète. La lumières des phares cercle sur le papier des taches de poussière, le ciel bas, la route.

Férir à petits coups ta bouche, ouvrir le puits alors qu’autour tombent les cendres. Corps lourds au lit, et tes os pèsent, nos jambes cognent la nuit qui nous enferre, la vieille nuit lunaire pâle à tirer du sang. Sommes-nous séparés mon amour par ce temps et le paysage défait, la saison, un mur noir et blanc ?

On marche avec lenteur en dix pour cent d’humide, sans voir devant soi, sans quelqu’un qui appelle, face au miroir impur. Face au cadre oppressant. À chercher l’embrasure du geste de mains sales, ce qui fleure sous les doigts.

On ne pense pas dans ce désert, on ne fait plus que tendre vers la pluie.

Paysage saison sèche