Ici les corbeaux sont aussi pie, de plumage noir et blanc, Corvus albus étant leur nom latin. Anthropophile envahissant, le corbeau pie dispute avec certains personnages humains la tête du classement de « grande gueule dans le paysage sonore ». Nous l’aimons bien quand même.
05/10/2024 15:51
Tambour dans la nuit
L’enregistrement est médiocre, mais rend compte d’une certaine ambiance nocturne. Tambour, voix humaines, grillons.
Après plusieurs mois d’absence sur ce chemin-ci, retour à la topographie sonore du quartier. Le premier enregistrement, peu avant un départ précipité pour l’Europe, laisse entendre les notes flutées de bulbuls communs et le cri rieur d’un martin-chasseur du Sénégal, le second, peu après être rentré, le climat calme mais toujours rythmé d’oiseaux et de bois cogné. Ce que la fenêtre me donne à écouter.
24/03/2024 06:31 Dimanche, au point du jour (19)26/09/2024 10:37 Ce que j’entends de la fenêtre (20)
Où qu’elle se déverse par le monde, la pluie sonne familière. Un détail pourtant change toujours sa musique. Ici, la petite note d’un insecte inconnu, solitaire. Tendre l’oreille à l’écoute des trente premières secondes pour savourer sa présence.
L’enregistrement donne à entendre un ramasseur de ferraille, qui parcourt les quartiers pour collecter les objets métalliques jetés à la rue ou « gâtés » que les gens peuvent lui remettre. En fin de journée, un acheteur disposant d’un entrepôt et qui revendra la ferraille à une société de recyclage, paiera sa récolte au poids, entre 200 et 300 francs CFA le kilo de cuivre ou d’aluminium, 100 francs le kilo d’acier.
06/03/2024 à 09:37
Gâté gâté… Gâté gâté-là… Télévision gâtée… Les vieux frigos gâtés… Les vieux ventilateurs gâtés-là… Les vieux téléphones… (?)…
J’habite près de l’abattoir. Je le vois, sur la colline d’en face. Je l’entends surtout. Son bruit, toutes les nuits, quelquefois le jour. Des hurlements humains, la pression de l’eau sur le béton rougi, rarement le meuglement des bêtes, comme si la plupart se résignaient au sacrifice. Parfois l’une ou l’autre crie, une plainte que notre langage ne peut traduire. Inconfortable extrait sonore, où le tic-tac du réveil ajoute à l’agonie la cruauté du temps.
on revient se rendort dans la case muette, rassurés qu’à l’entour les sons, grenouilles crapauds de mer, et ce ronflement de machine-avant, machine-arrière, le branle des premières autos, l’odeur soudaine de citrus et de peau, d’eau calme entre les cuisses, le jour qui point, se dresse hors des chiffons, Babylone l’océan, son ennui de vivre autrement, la vieille loco du chemin de fer, le vieux tronc où l’on s’assoit, sa plage puante, ses poubelles, des oiseaux dans les cocotiers qui chantent, on voudrait ne penser qu’à rien, et que la violence s’efface, la fatigue aussi, nôtre, antique, plus âgée que le temps, tout, qui ne disparait qu’en un même regard, approché sur la route, où l’on va, doucement, en gardant ses promesses, le peut-être qu’un jour, mais l’usure, de soi, de ce monde-là, on marche à pas de chat, sur le sommet d’un mur, dans la ville se dire, allons au bout du jour, parmi les rues, les boutiques, sous le tissu, sans un sourire, aventurer sa main, manger un quelque-chose, du peu, avant de revenir
Une fois la pulpe de la noix d’Elaeis guineensis (palmier à huile) détachée de la coque du fruit, cette dernière est cassée en vue d’en extraire l’amande qui servira à la fabrication de l’huile de palmiste, utilisée principalement en savonnerie et cosmétique. Ici, c’est en vue d’un usage domestique.