L’image de la ville 1

Par la fenêtre je regarde l’image ; elle aussi est une fenêtre. Je vois ainsi le trou de la ville. Ce trou : un carré noir au seuil de ma chambre, la ville qui n’est pourtant pas sans lumière. Je regarde cette lumière, en elle tout devient fenêtre. Il y a une tristesse au bord, semblable à la couleur du rideau, qui retient l’image d’entrer. L’image entre, si l’on tire la couleur du rideau sur le côté. La fenêtre elle aussi est une image ; par elle je vois la lumière de la ville. Ce que nous voyons n’est qu’une image de ce que nous voyons. Je vois l’image, de la fenêtre, de la ville, de la lumière de la ville, de la couleur de son rideau tiré sur le côté. La couleur du rideau est une image de la tristesse. Le rideau tiré, de la tristesse envolée quand l’image est entré par la fenêtre.

Josef Albers Interior B 1929
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Réponses

  1. Avatar de susannedereve
    susannedereve

    ces mots tissés sur la fenêtre , quelle belle étoffe !

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    1. Avatar de Serge Marcel Roche
      Serge Marcel Roche

      Merci pour cette autre image !

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  2. Avatar de Caroline D
    Caroline D

    et voilà que je vois
    l’image imaginée
    de ma tristesse et de ma ville
    les deux pans de rideau
    tirés et blancs
    qui cadrent à la verticale
    le carré – celui
    de ma tristesse envolée

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    1. Avatar de Serge Marcel Roche
      Serge Marcel Roche

      Merci pour ce poétique complément

      Aimé par 1 personne

  3. Avatar de walachniewicz
    walachniewicz

    Je vous ai lu comme je vous ai écouté, étonnant

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