Auteur : Serge Marcel Roche
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Lignages – 3
Nous jouions derrière le château,Longuement dans l’indifférence,A courir après des qui sont mortsOu vieux, des qui sont oubliésEntre les pages de ton livre,En attente du feu,Et moi parti depuisJe me manque à chaque seconde,Je suis toujours dans mon propre cœur,Donc jouions et le jeu c’étaitLa fraîcheur de la terre, des caves,Le ciment, ce qui avait l’allureD’un ancien réservoir où nageaientDes poissons dans l’eau sale.L’on courait ridiculementDans un bonheur très vagueEt toi qui mesurais le tempsPourquoi n’as-tu parlé,Pour dire quoi il est vrai,Qu’il est l’heure de rentrer,Que la nuit tombe.L’un avait des soldats de plombDans la chambre feutrée, sans poussière,Et sa mère marchait doucement,−Formons les rangs pour la guerreSait-on d’où survient l’ennui,D’entre les meubles, du tapis,De l’autre étrange et laidJusqu’au mystèreQui ouvrait soi-même la porte,Une ombre avec des yeux cernés.Toujours les rideaux tirésEn sorte de voilage un peu nuptial,En climat de grisâtre virginité,L’amour devait se faireQuand il dort de l’autre côtéEt les lampes au salonDans un silence de veuvage.Après tu m’as conduit jusqu’aux steppes lugubres,Les cachées : décors de vitrine,Parfums des grands magasins,Là où les anges passentEn se moquant des humains,Arrières de boutiqueEt d’horribles bureaux,Pour l’heure nous en étionsA cette prison de soiOù l’on jouait des heuresEn attente de quoi.Tu me fais reposer.Et puis ces longues traverséesDe couloir au bout de rien,Sans odeur, sans bruit.
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Lignages – 2
Allions à l’école comme siPas d’hiver ni de pluie.Ailleurs où étais-tuEntre neuf et dix heuresQuand je parlais, non moi maisLa parole en leurs bouches grisesDe béton,Il n’a mémoire d’aucun visageDans l’enclos et toi-mêmeAu passage déjà tu l’oubliais.Je m’étends sur des prés.Rien ne manque maisNous ne sommes pas làToi et moi en forme différente,Absents et pourtant tout est vrai,Les ombres vont qui chantentVers une ressemblance dontElles n’ont pas idée,Ce n’est qu’odeur des cantiques flottanteEt trainements de pieds,Il n’attend rien pas même que ça finisse.J’aurais aimé lire au sommairePlutôt que tes oracles des mots
Comme je te pense.
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Horizontal et l’ennui
notation 3Je demande l’obtention d’une nationalité, cherche un cheval pur sang de la taille d’un panier, mais deux rêves ne font pas un poème, même à vivre sur une frontière ou pratiquer l’équitation.La notation est un art de forêts inconnues. D. Hasselmann
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Lignages – 1
Dans un bonheur très vague
On allait au zoo
Sous les grandes façades de pierre
Méchantes, avec leurs airs sucrés.Quels sont les mots restants
Dans ta mémoire vague :
Mots manteau communion
Kiosque et six jours de guerre,
Pas un regard aux magazines,
Sur les journaux,
Mais l’odeur du papier
Et tu passais devant,
Puis découpures de femmes habillées,
Recettes de cuisine, page triste des jeux,
Mot sommaire si tu t’en souviens,
Un ouvrage sauvé du feu, populaire,
Un lectures pour tous illustrées.Une sorte ensemble d’énervement,
De tendresse.
La vie flottait à des étages
Derrière, loin. Les gens aussi.
Cherche-t-on et quoi à cet âge
Quand on se vêt d’habits frais
Le matin, après des nuits
Dont tu ne te souviens
Dans l’inconscience du drame,
Être à côté, aimer pourtant l’ici,
Pas d’autre monde ni d’autre vie
Que ce là suspendu à hauteur des mains.Reprise durant la vacance d’une publication sur un blog à part.
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Ma vie au village (14), une traduction
1 Vous aimez un haut âge à lui (elle, votre) / lui (elle, votre) des membres, la réflexion (le reflet) (la réflexion) (le reflet), ce rebelle avec tout être suffisant pour vous dans le plaisir à la voix, cela que je ferme, comme vous pour me labourer sur les eaux territoriales de la fente (du craquement), vous m’émettez, vous me prenez avec la boue.
2 Elle, votre pluie, creuse quarante à lui et l’action est le précipité le long de la raison, vous influencez dans la mémoire le souvenir, le rapport.
3 Cela (la chute) est venu dans des jambes, sur le ciment, dans le sol, l’argent à la porte, il continue aux fouilles des averses confidentielles, urgentes pour des tourbillons, grand taux approximativement sombre pour blesser dans le scandale (le désordre (trouble)) : c’est l’as, le livre que nous avons, qui est le prétexte pour écrire, pour finir, pour représenter aux villes l’égorgement initial que nous fait l’astrakan par si grand que il, les flux de mots, des curiosités, la rivière d’enfer pour un dévalement contre lequel nous ne pouvons pas tuer et lui (cela) / il (cela) (qui) nous nous ferons sans nous déplacer de lui, rester entre des racines, il a vu cela, cela il l’a voulu le premier jour, pour exprimer l’article des collines à la fin de montagne, quant au couteau, dans les salaires d’ordre, il peint dans les grandes difficultés du cobra, il ne peut pas dire seulement l’ordre de rire.
4 Il pleut pendant tant de temps qu’ils chauffent.
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#bouffées d’Afrique, par Hélène Verdier
#bouffées #Afrique #ouphopoau soleil révélant flamboyant indigo @chemintournant @noel_talipo @lautrehidalgo pic.twitter.com/BYbsW4TNSJ— hverdier (@h_verdier) 10 Juin 2015
etsur
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Horizontal et l’ennui
notation 2Matin de fête, pluie.Fête et matin de pluie. Il faudra au sein de la foule fondre l’indifférence dans un moule brisé mais j’ai répugnance à sortir, en voiture ou à pied. Le rocher où l’on va c’est moi assorti d’enfance quand n’avais d’yeux que sur l’horizon.La notation est un art de forêts inconnues. D. Hasselmann
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Ma vie au village – 20
Depuis qu’avons été tirés de ses clairières, réfugiés sur la bande, calculés en main d’oeuvre de force, de domesticité ou d’usages divers vivons le long de lignes dont le tracé nous échappe, qui ne sont pas dans notre esprit, une tout autre cartographie que celle de nos cercles en elle quand épousions rondeurs et plis sans aller trop loin mais quand même de l’immense craton du Congo. Sommes à plat, regardant le sang passer, le pétrole et la bière, les cartons de savon, réduits, ombres de calcinés en marge d’un itinéraire mécanique, d’une tubulure d’évacuation, ça la dépèce en concessions, la fracasse au-dedans d’elle où n’allons plus autant, lui tatoue ses membres morts en vue des reconnaissances portuaires et suivis d’ameublement, nous situe à tel degré de lassitude et tel autre de repliement, là où vont les routes. Il pleut, le chemin poisse et glisse mais ce n’est pas un chemin, seulement la fraye, le frottement du plat de nos pieds en girations, décalque terni de quand vivions en son ventre rond sans l’entaille au bord d’elle, que tournions au gré de ses baies, carbone éteint, passé, des pérégrinations d’avant qu’on l’éclope et la blesse, la mutile.


