conversation – un paysage

Un paysage vois-tu
Est ce qui reste de soi quand on part
Quand on tourne le dos
C’est un certain rendu de sa lumière
Qui nous efface sur le chemin du retour
Et nous sommes là dans son secret
Une toute petite part de lui un détail
De sa clarté qui s’était livrée doucement
A notre bassesse
Et lui-même (son secret en nous)
N’est qu’une vague
De la mer de cristal
La couleur d’un moment
Dans son éternité
Un son se retirant
Pour laisser les bateaux
Glisser jusqu’au rivage
Ou l’oiseau se poser quand il faut

2010
Repris partiellement en Génésie

conversation – cimetière

Il y a toujours un fleuve
A l’approche des tombes
Une presqu’île
Une barque engravée
Des mots d’un gris de peupliers
Sur la pierre lisse ou rugueuse
Une plaque municipale
Une semblance de jardin
Ce que les autres disent
Des morts qui sont là
Des anges et du gravier

Ayant laissé l’auto
Nous marchons sans parler
Vers des restes et une semence
Qui pour moi ne sont qu’une trace d’enfance
Mais pour toi un visage — deux plutôt
Quand tout s’écrit et tout s’efface
Dans l’herbier de la fin d’un monde

2010

pause

Une pause dans le cours de cette conversation languissante, en attendant la dissémination de vendredi prochain… mais nous sommes toujours au bord de l’eau. Un berger peul, son troupeau, trois pirogues sur les reflets sombres de la Kadey, le retour au village… Tout est empreint de lenteur. La nuit vient, il y aura des notes grillonnantes sur le sentier, des notes qui fabriqueront un ciel bas, un ciel à portée d’homme.

Un bout de film d’1:06 qu’il a fallu 75 minutes pour télécharger, cela donne une idée des difficultés que nous rencontrons avec l’internet en Afrique noire. La musique est de Jean-Paul Prat.