Dans ce deuxième Voyage au Lexique, je continue d’explorer, en me gardant de les exploiter, les mots de Ma vie au village (in Journal de la brousse endormie) dont le nombre d’occurrences est significatif.
Forêt
Autre lieu où l’on se déporte à l’Est de tout, où l’on peut sans craindre bannir le moi, le nous, tribunaux féroces, et dans les rythmiques de ce dehors que l’on écoute, jeter son corps entier.
Le samedi 13 décembre de l’an dernier, le soleil s’est « levé » à 6 heures 11 et « couché » à 18 heures 05. Au commencement de chaque heure, j’ai enregistré quelques secondes de l’atmosphère sonore de cette journée. 11 heures et 54 minutes de jour sont ici résumées en 1 minute 20.
Dans ce deuxième Voyage au Lexique, je continue d’explorer, en me gardant de les exploiter, les mots de Ma vie au village (in Journal de la brousse endormie) dont le nombre d’occurrences est significatif.
Bord
Près de quoi l’on se trouve sans cesse, qui pour n’être pas funèbre commence par un baiser, rapprochement d’embouchures lointaines. Mais les chairs s’écartent, encerclent toute distance et t’exilent aussitôt ; le mot louvoie par vent contraire.
Dans ce deuxième Voyage au Lexique, je continue d’explorer, en me gardant de les exploiter, les mots de Ma vie au village dont le nombre d’occurrences est significatif.
Monde
Ce qui n’est pas à portée de soi mais en qui l’on tombe, ou plutôt chute en son idée, sans avoir eu le temps de compter les morts. Quelle épouvantable invention d’avoir de tout fait des moitiés qui dérivent à deux cent kilomètres par seconde. Si pour connaitre nous devions être séparés, ce ne fut pas de cette manière, affublant dieu d’un vice et de brutalité, en l’embringuant dans nos histoires, l’un d’un côté, nous de l’autre assis au prétoire des morales.
Dans ce deuxième Voyage au Lexique, je continue d’explorer à ma manière, en me gardant de les exploiter, les mots de Ma vie au village dont le nombre d’occurrences est significatif.
Le long de la plaie dans nos yeux jaunissants voyons le sang nombreux qui passe.
Depuis 2008, plus de 600 articles ont parus sur Chemin tournant, hébergés en premier par Viabloga qui n’existe plus, puis Blogger et enfin ici. Mais la belle époque des blogues semble désormais quelque peu révolue. Moins de visites, moins d’engagement. La forte presse quotidienne, l’abondance des sollicitations, les mutations numériques, etc. font que nous nous « déplaçons » de moins en moins sur le Web culturel pour lire, voir ou écouter. Place aux infolettres !
Dans ce deuxième Voyage au Lexique, je continue d’explorer à ma manière, en me gardant de les exploiter, les mots de Ma vie au village dont le nombre d’occurrences est significatif.
Ville
Où, meurtrier, l’on se cache afin d’errer tout à son aise, l’innocent filant au désert vivre dans l’immobilité. Rongeant son multicorps, on la marche, la tourne en travers, on lui rogne les côtés. Mais contre nous d’autres la pensent autrement que par les abords ; toujours quelqu’un t’y met au ban. On fuit son ventre cannibale et ses yeux trop nombreux, allant seulement de temps en temps relever le piège de sa toile, au bois, dans les boutiques, passer l’heure à faire chou blanc et suçoter sans joie des liquides amers.
Je repars au Lexique pour un nouveau voyage. Le premier fut entrepris en 2018 après l’écriture de Ma vie au village. Les mots étant un monde habité, où se forment en quelque sorte des rapports identiques à ceux qui lient et délient entre eux les êtres et les choses dans l’univers, allant aussi plus loin, plus avant que nous, j’explore à ma manière, en me gardant de les exploiter, ceux dont le nombre d’occurrences dans cet écrit, publié en 2023 par les éditions La rumeur libre, est significatif. Cet itinéraire pourra peut-être éveiller chez quelques lectrices et lecteurs le désir de trouver leur propre antidote contre la droitisation et la mortifère sédentarité du vocabulaire que l’on voudrait nous imposer. Les mots qui le composent font partie du langage ordinaire, celui qui forme l’expression de la plupart de nos pensées. Laissons-les nous conduire ailleurs que là où nous irions sans eux.
Le Coucal du Sénégal (Centropus senegalensis), ventre blanc, manteau roux et longue queue noire, est un oiseau plutôt balourd, essentiellement terrestre, sympathique. L’ayant vu quelquefois dans les environs, je ne pense pas me tromper en lui attribuant la voix que vous entendrez. Je repense à ce texte, peut-être un peu trop sombre, écrit en 2012, au lieu-dit Le pied du boa :
Le vent, les oiseaux, chacun va selon sa ligne, chacun trouve dans le ciel son horizon, mais en bas les hommes ont sous les yeux les cicatrices de la terre, les traces de leurs pas, le sombre éclat des frondaisons, quand la forêt baisse la tête, que chante le coucal triste. Pend un bout d’étoffe grise, traversé d’appels et de plaintes pour indiquer la direction, éluder la mort qui s’approche dans le regard froid de la nuit.