Dis-moi que tu m’aimes
Un dimanche matin, dans la cour d’une concession.
Vaisselle, lessive, parlotte et chanson.
Serge Marcel Roche
Dis-moi que tu m’aimes
Un dimanche matin, dans la cour d’une concession.
Vaisselle, lessive, parlotte et chanson.
Arbre
On entend plus le craquement du mot quand il cède et tombe, ni le gémissement final des pendus. Juste l’infernal rotor coupant les choses en deux, coupant le corps, sa syllabe. On retue les morts. Et je tirais aussi le grand rideau sur eux, la couverture des feuillages, sacrifiant à l’oubli. Je ne vois désormais que leur ombre tranchée par la rougeur des toits, engrappée d’oiseaux sales, dévoreurs de boyaux.
Nombre d’occurrences : 13 au pluriel, 8 au singulier
Dans ce deuxième Voyage au Lexique, je continue d’explorer, en me gardant de les exploiter, les mots de Ma vie au village (in Journal de la brousse endormie) dont le nombre d’occurrences est significatif.
Veuillez noter que…
Après 7 ans sur WordPress.com, Chemin tournant rejoint Write.as, une plateforme à moindre cout, préférant un petit atelier à une centrale nucléaire. Ce blogue-ci vieillira doucement en version gratuite, pour les archéologues du web littéraire qui souhaiteraient en étudier les strates soumises à l’usure du temps. À partir de la fin mai, je n’y publierai plus.
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Les audios de Topographie sonore du quartier sont ici : Toposonore
L’oiseau alarme
C’est un OENI, un oiseau encore non identifié, par moi en tout cas. Ce soir-là, allant à la boutique, la dernière de la rue 5.866, j’entends comme une alarme de voiture automobile. En réalité, l’appel d’un OENI. Enregistré à la va-vite, avec le micro du téléphone. Le bruit de la route, pourtant à cent mètres, est intense. Dans le bas (le chemin est à flanc de colline), ce curieux son de sirène. Certains oiseaux sont imitateurs. Est-ce le cas, je l’ignore ?
Dans ce deuxième Voyage au Lexique, je continue d’explorer, en me gardant de les exploiter, les mots de Ma vie au village (in Journal de la brousse endormie) dont le nombre d’occurrences est significatif.
Regard
Pour vaincre quelquefois la distance infinie son détour tape au corps, fiche un coup de tranchant plus vif que la lumière, jet d’une lame aussitôt déguisé en habile air de rien. Tout passant, sans le voir, continue son chemin, ignore qu’un désir se trame, que des rêves l’enlacent, et l’on ne sait qui, des uns, des autres, s’en va mourir vers le soir, troué par l’amour incertain.
Nombre d’occurrences : 14
Colious (complètement) barrés
Les Colious barrés (Colius striatus) sont des oiseaux malicieux, tapageurs, mangeurs de fruits, qui sévissent en bande désorganisée. Ils chapardent et aiment à se tenir tête en bas, sans doute pour se moquer des humains. Avec leur longue queue, leur face noire, leur air revêche et la couleur corail de leurs pattes, ils ressemblent aux pirates des Caraïbes. Ici, font la foire dans les aréquiers.
ÉcouterDans ce deuxième Voyage au Lexique, je continue d’explorer, en me gardant de les exploiter, les mots de Ma vie au village (in Journal de la brousse endormie) dont le nombre d’occurrences est significatif.
Rêve
Des fées sur la grève ou des anges mâles aux cheveux bouclés, le train qui passe entre les nuages, Pygas se baignant, que l’on n’a jamais vue, en somme tout ce qui dure sans durée, l’ennui, les êtres désirés par l’esprit du regard, le train revenu qui pénètre en gare, le parler muet d’une chose, la scène des absentés qui rejouent leur départ, les villes où l’on va sans aller, la liste sans fin que l’on se dresse, avant la mort, dans le cerveau.
Nombre d’occurrences : 14
Dans ce deuxième Voyage au Lexique, je continue d’explorer, en me gardant de les exploiter, les mots de Ma vie au village (in Journal de la brousse endormie) dont le nombre d’occurrences est significatif.
Soir
Fond d’orange badigeon sur la toile qui chute entre du vert et la grisaille des troncs, les cours odorant l’air pour l’office d’un rouge de palmiste et l’air qui nous soupente, accroche au ciel passé la vieille angoisse humaine, soi ne pouvant jamais soustraire ses rêves à ce qui vient. L’usure de la lumière gagne le bord des choses.
Nombre d’occurrences : 14
Au bord de l’Akoo
L’Akoo est un ruisseau (mais « river » en cartographie). Il traverse la partie supérieure du quartier et va grossir le Foulou près du stade omnisport Paul Biya d’Olembe. Pour une raison que j’ignore, de l’endroit où il est rejoint par le Ngonglong jusqu’à la rue 5.896, il est appelé Ngwando. Près de chez moi, un bras de lui, sans autre nom que « stream », vient disparaitre dans la terre.
ÉcouterDans ce deuxième Voyage au Lexique, je continue d’explorer, en me gardant de les exploiter, les mots de Ma vie au village (in Journal de la brousse endormie) dont le nombre d’occurrences est significatif.
Forêt
Autre lieu où l’on se déporte à l’Est de tout, où l’on peut sans craindre bannir le moi, le nous, tribunaux féroces, et dans les rythmiques de ce dehors que l’on écoute, jeter son corps entier.
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