À l’heure où les oiseaux se taisent
Le crépuscule, qu’il soit du matin ou du soir, est un moment privilégié. Un renversement s’y opère. L’égale ou presque durée des jours et des nuits, selon que l’on se trouve, dans les régions équatoriales, plus ou moins proche de la ligne, le rend peut-être plus marquant. Quelque chose change, de la sonorité. Les oiseaux grégaires retournent au dortoir, jacos ponctuant encore l’espace de quelques cris, les autres cherchent un lieu pour leur demi-sommeil, traits de passereaux rayant de pépiements l’air soudain assombri. Même les corbeaux ferment leur bec. Hélas, à cause de la pollution lumineuse, les nocturnes désertent les cités. On entend plus le chuintement des effraies, ni le hou hou des ducs, entailler l’incessant bourdonnement de la ville.
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