La ville comme scène où se joue le théâtre humain, sur le nouveau Chemin tournant :
et sur Toposonore : le chant d’une grive au matin

Serge Marcel Roche
La ville comme scène où se joue le théâtre humain, sur le nouveau Chemin tournant :
et sur Toposonore : le chant d’une grive au matin

Dans la revue Études de octobre 2025 (n° 4330), le poète et essayiste Emmanuel Godo consacre les dernières lignes de sa chronique, où il est question de Mallarmé, Bataille, William Carlos Williams, à Tout commence par les marimbas de la nuit.
(suite…)À l’heure où les oiseaux se taisent
Le crépuscule, qu’il soit du matin ou du soir, est un moment privilégié. Un renversement s’y opère. L’égale ou presque durée des jours et des nuits, selon que l’on se trouve, dans les régions équatoriales, plus ou moins proche de la ligne, le rend peut-être plus marquant. Quelque chose change, de la sonorité. Les oiseaux grégaires retournent au dortoir, jacos ponctuant encore l’espace de quelques cris, les autres cherchent un lieu pour leur demi-sommeil, traits de passereaux rayant de pépiements l’air soudain assombri. Même les corbeaux ferment leur bec. Hélas, à cause de la pollution lumineuse, les nocturnes désertent les cités. On entend plus le chuintement des effraies, ni le hou hou des ducs, entailler l’incessant bourdonnement de la ville.
Écouter la suiteMain
Ma paume, la peau tienne, l’unique ligne interne quand l’œil se cogne à l’encolure des arbres, contre l’air au-dessus d’eux rempli d’un soleil d’acier, qu’il frappe en bas sur la nuit, sa porte inouverte, sans le cuir de ton dos sous elle, glissante, je divaguerai, criant au supplice et le nom gravé sur ta cuisse irait aux enfers.
Lire la suiteŒil
Dans la chambre de passage ou un studio de location, voilà qu’il devient fenêtre, capturé par son carré, ouverte puis refermée sur l’illusion qui nous désorbite la tête. On croit voir ce qu’on croit voir, mais soumis aux forces de l’ordre interne, on se retrouve seulement bêta devant l’image, humainement trompé. On en fait un tableau, montage inachevé, qu’on voudrait libéré des clôtures du monde, de la propriété, réchappé de l’explication, une petite chose aussitôt perdue de quelques lettres aux formes noires, en attente d’être retrouvée.
Nombre d’occurrences : 13
Dans ce deuxième Voyage au Lexique, je continue d’explorer, en me gardant de les exploiter, les mots de Ma vie au village (in Journal de la brousse endormie) dont le nombre d’occurrences est significatif.
Veuillez noter que…
Après 7 ans sur WordPress.com, Chemin tournant rejoint Write.as, une plateforme à moindre cout, préférant un petit atelier à une centrale nucléaire. Ce blogue-ci vieillira doucement en version gratuite, pour les archéologues du web littéraire qui souhaiteraient en étudier les strates soumises à l’usure du temps. À partir de la fin mai, je n’y publierai plus.
Vous pouvez dès à présent vous rendre sur le nouveau Chemin tournant et vous abonner, si désir, pour être informé de la parution d’un nouvel article.
Les audios de Topographie sonore du quartier sont ici : Toposonore
Dis-moi que tu m’aimes
Un dimanche matin, dans la cour d’une concession.
Vaisselle, lessive, parlotte et chanson.
Arbre
On entend plus le craquement du mot quand il cède et tombe, ni le gémissement final des pendus. Juste l’infernal rotor coupant les choses en deux, coupant le corps, sa syllabe. On retue les morts. Et je tirais aussi le grand rideau sur eux, la couverture des feuillages, sacrifiant à l’oubli. Je ne vois désormais que leur ombre tranchée par la rougeur des toits, engrappée d’oiseaux sales, dévoreurs de boyaux.
Nombre d’occurrences : 13 au pluriel, 8 au singulier
Dans ce deuxième Voyage au Lexique, je continue d’explorer, en me gardant de les exploiter, les mots de Ma vie au village (in Journal de la brousse endormie) dont le nombre d’occurrences est significatif.
Veuillez noter que…
Après 7 ans sur WordPress.com, Chemin tournant rejoint Write.as, une plateforme à moindre cout, préférant un petit atelier à une centrale nucléaire. Ce blogue-ci vieillira doucement en version gratuite, pour les archéologues du web littéraire qui souhaiteraient en étudier les strates soumises à l’usure du temps. À partir de la fin mai, je n’y publierai plus.
Vous pouvez dès à présent vous rendre sur le nouveau Chemin tournant et vous abonner, si désir, pour être informé de la parution d’un nouvel article.
Les audios de Topographie sonore du quartier sont ici : Toposonore
L’oiseau alarme
C’est un OENI, un oiseau encore non identifié, par moi en tout cas. Ce soir-là, allant à la boutique, la dernière de la rue 5.866, j’entends comme une alarme de voiture automobile. En réalité, l’appel d’un OENI. Enregistré à la va-vite, avec le micro du téléphone. Le bruit de la route, pourtant à cent mètres, est intense. Dans le bas (le chemin est à flanc de colline), ce curieux son de sirène. Certains oiseaux sont imitateurs. Est-ce le cas, je l’ignore ?
Dans ce deuxième Voyage au Lexique, je continue d’explorer, en me gardant de les exploiter, les mots de Ma vie au village (in Journal de la brousse endormie) dont le nombre d’occurrences est significatif.
Regard
Pour vaincre quelquefois la distance infinie son détour tape au corps, fiche un coup de tranchant plus vif que la lumière, jet d’une lame aussitôt déguisé en habile air de rien. Tout passant, sans le voir, continue son chemin, ignore qu’un désir se trame, que des rêves l’enlacent, et l’on ne sait qui, des uns, des autres, s’en va mourir vers le soir, troué par l’amour incertain.
Nombre d’occurrences : 14
Colious (complètement) barrés
Les Colious barrés (Colius striatus) sont des oiseaux malicieux, tapageurs, mangeurs de fruits, qui sévissent en bande désorganisée. Ils chapardent et aiment à se tenir tête en bas, sans doute pour se moquer des humains. Avec leur longue queue, leur face noire, leur air revêche et la couleur corail de leurs pattes, ils ressemblent aux pirates des Caraïbes. Ici, font la foire dans les aréquiers.
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