Chemin tournant

Serge Marcel Roche

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  • #bouffées d’Afrique, par Hélène Verdier

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    — hverdier (@h_verdier) 10 Juin 2015

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    10 juin 2015

  • Horizontal et l’ennui
    notation 2

    Matin de fête, pluie. Fête et matin de pluie. Il faudra au sein de la foule fondre l’indifférence dans un moule brisé mais j’ai répugnance à sortir, en voiture ou à pied. Le rocher où l’on va c’est moi assorti d’enfance quand n’avais d’yeux que sur l’horizon.
    La notation est un art de forêts inconnues. D. Hasselmann

    9 juin 2015

  • Ma vie au village – 20

    Depuis qu’avons été tirés de ses clairières, réfugiés sur la bande, calculés en main d’oeuvre de force, de domesticité ou d’usages divers vivons le long de lignes dont le tracé nous échappe, qui ne sont pas dans notre esprit, une tout autre cartographie que celle de nos cercles en elle quand épousions rondeurs et plis sans aller trop loin mais quand même de l’immense craton du Congo. Sommes à plat, regardant le sang passer, le pétrole et la bière, les cartons de savon, réduits, ombres de calcinés en marge d’un itinéraire mécanique, d’une tubulure d’évacuation, ça la dépèce en concessions, la fracasse au-dedans d’elle où n’allons plus autant, lui tatoue ses membres morts en vue des reconnaissances portuaires et suivis d’ameublement, nous situe à tel degré de lassitude et tel autre de repliement, là où vont les routes. Il pleut, le chemin poisse et glisse mais ce n’est pas un chemin, seulement la fraye, le frottement du plat de nos pieds en girations, décalque terni de quand vivions en son ventre rond sans l’entaille au bord d’elle, que tournions au gré de ses baies, carbone éteint, passé, des pérégrinations d’avant qu’on l’éclope et la blesse, la mutile.

    Photo credit: eosdude / Foter / CC BY-SA

    6 juin 2015

  • Horizontal et l’ennui – notation 1

     La notation est un art de forêts inconnues. D. Hasselmann*

    Crainte diffuse sorte de vibration indéfinie mais corporelle et l’abattement habituel, je demeure assis là à ne rien puis vient l’heure (l’heur ?) couleur de fruit tout juste avant la nuit quand la lumière visite les pauvres sur la terre.

    * Métronomiques
    3 juin 2015

  • Ma vie au village – 19

    Elle la rêvons-nous? qui parfois fait sa muette, donc se tait durant s’il y a grève des souffles de la mer, si ne vient l’amant, retient tout ce qui grouille en ses dessous aucun même rampant n’en franchissant l’orée et jusqu’aux frondaisons se resserre l’écorce, pas un vent, nous impose son immobilité, sentons que la steppe avance, qu’arrive la désolation parée de ses grelots funèbres, entre ses grands rideaux pans de sa robe verte, rivés à ce qui la traverse, labourage de son dos rail par qui l’on traîne les essences, sommes-nous surpris de vivre encore d’elle, de son silence et de ses mots, ou sans conscience laissons-nous s’approcher le feu, l’envahissement des brûlants, sans même le regret de n’avoir pas connu l’intérieur de son ventre et sa douce ignition? 
    30 Mai 2015

  • Femmes au village
    regard 4

    27 Mai 2015

  • Ma vie au village – 18

    Ce chemin, seuls nos pas l’opèrent lorsqu’allons venons matin soir (en d’autres heures pour certains qui ont à faire comme manger sur un arbre ou rire dans les buissons), est ce que nos plantes laissent de squames, pelmes et de transpiration, le tracé qui m’obsède ici (livre immense), une trotte, une tirée quand on y pense, se rendre au puits, la caisse ou la boutique, la soukoul, le champ lointain, le boukarou pour le vin, chez tantine, le dispensaire, le voyant, la sorcière, la chapelle des Adventistes, des Calvinistes ou des Romains, la Maison Blanche ou selon le Kremlin, la rivière et traverser la route sur qui passe le sang, les coasters, finir à se laisser happer par la nuit et ne plus trop bouger près du feu en mastiquant du chien, sa multitude s’entrelace, demeure peu de mémoire hors de lui, ce qu’avons écrit sur le dos de la terre. On peut bien rire ou quoi, jouer la pantomime, tirer les mangues vertes, dire que ça va aller, personne ne vient lever la carte, comme si n’avions pas d’horizon, n’avons pas d’horizon, n’aurons pas d’horizon ce qui de l’avenir diffère, aucun poète ici qui vaille plus d’un pet de panthère sauf un, je vois : plus d’hommes et plus d’oiseaux, je vois la branche et le désert et la nuque de pierre là-bas sur le rocher, le visage endormi les yeux clos aussi clos que je les dors ouverts parmi les fauves allongés, leur pelage de schiste, une sente qui s’y rend dans la repousse factice des brûlis, saut de la ligne au fond où ce qui reste d’arbres dessine des maisons.

    Sahelanthropus tchadensis
    Sahelanthropus tchadensis
    photo : Didier Descouens CC BY-SA 4.0

    23 Mai 2015

  • F.S. Ndzomga Anti-poème

    Franck Stéphane Ndzomga, né en 1996 au Cameroun, est en troisième année d’études d’ingénieur généraliste. Il a selon ses propres mots choisi l’écrit. Au commencement de son itinéraire, il publie certains de ses poèmes sur le Web, démarche encore peu habituelle chez les auteurs francophones d’Afrique centrale. Anti-poème ici est une inondation, il importe de voir en avant de la crue le filigrane déposé par les mots, d’entendre cette autre voix dans l’oreille comme un à-venir de la poésie camerounaise.

    Anti-poème

    Tout nier le vers s’éteint la salle est pleine de sueur Oh quelle inondation ne surtout pas y penser se perdre regarder l’eau en face les yeux rouges et larmoyants ne surtout pas l’écrire paroles blasphématoires sacrilège ce n’est rien de nouveau la mort des règles idiot tu as la raison mais aussi la folie beaucoup plus d’eau de sueur et de folies ceci est absurde et au dessus de la honte du plaisir et des rêves prétendus néfastes les cauchemars qui nous font avancer avec leurs répétitions et ce jeune ce pauvre qui se fourvoya c’est un songe en ce mot pas son sens premier rien que le songe pour les fous ceux qui croient l’être je ne suis pas aussi mondain que la terre poussiéreuse mais on se ressemble comme si j’étais cette poussière qui me suis depuis la naissance c’est mon ombre réelle il paraît que je suis mon ombre est irréelle prémisse de la caverne de la nudité de l’amour sous toutes ses formes même le cercle répond je m’assèche grâce à cette poussière les mots me viennent en une autre langue dust ici le mot profond a dépassé cette fade chair langage le souffle faiblis il ne s’agit pas de comprendre mais de pleurer tant le désespoir est luisant je me souviens que je suis un mortel je reviens aux idées liminaires ce tabou de la lucidité pour ne pas parler du vécu au présent c’est trop facile je suis l’orgueilleuse complexité des livres de morale donc je les brûle en moi et au dehors sur la terre rouge et poussiéreuse de mon enfance blanche et sans vitamines arrête tes complexes antiques je n’ai plus peur de la mort idiote et inattendue puisque je suis le silence qu’on oublie à force de silence le silence de la nuit cliché puisque je suis dans une marre la boue cette forme pernicieuse de la poussière me serre amoureusement le cou je mourrai donc amoureux à moins de sucer l’écorce verte et amère de mon enfance au village près des lions et des serpents clichés pris sur le tas lorsque la langue maternelle s’en allait tristesse je suis français dis l’être aimé à qui je ne demande plus les mentions et les succès qui sont poussière dust et que le vent balaie amoureusement puisque tout est amour même la haine philosophe je hante les mots complexes et vides simultanéité mensonges je pense aux chiffres un deux trois quatre je prédis le texte probablement final celui des quatre éléments celui de la matière essentielle et profonde échec des mots et des dictionnaires ne pas lire ce diplôme vague et simple telle n’est pas ma jouissance absolue encore que le bonheur est aussi furtif que le néant qui t’embrasse t’assèche la gorge et te rappelle ta misère celle qui se cache derrière le monde du prétendu travail et de l’interconnexion même si les messages se raréfient et le mur est vide auto-rempli masturbatoire mémoire je ressasse les échecs cuisants c’est mon répertoire de classiques.

    Poésie en schizophrène_Camisole et mots
    sur Twitter
    20 Mai 2015

  • Ma vie au village – 17

    Quand n’aurai plus le signe juste au centre du front, que le monde sera fini, bien mort comme l’assis hantant notre bas-fond, et libre de l’écrit, le moi mort tout aussi après quatre-vingts ans vécus à se défaire, et nu anéanti… faut que je parle de ce chemin entre les cases, lanière cinglante sur la peau autant que trace, brasure, maux de coction que vent n’apaise, le village on le digère et le hoquète, on le rend avec la bière et le arki. En ce moment tout presque sent la mangue sure, le pied qui marine dans nos shoes éculées, babouches, samaras, avec des commandos de mouches de toutes sortes, grises, noires, lucilies, le bruit qu’elles font quand on traverse, suçaillant la chair des tombés, pondant sur le pourri, tant de fruits chus des grands arbres qui crûrent durant la Tutelle − et ceux qui s’accrochent encore ressemblent à des coilles de taureaux − quand on damait de nos pieds nus la nationale ou l’aviation, faisant aussi provision pour les géraniums des dames de pachydermiques bousons, le chemin va, peut-être passâmes-nous là le cours des anciens temps et que ce mort en bas fut le fondateur du clan, l’assassin de son frère, au milieu des globules à la piaute fendue va où l’on ne sait où l’on n’ose, longeant la plaie dont nous sommes esclaves.
    arki : alcool de distillation locale
    16 Mai 2015

  • vieil homme
    regard 3

    13 Mai 2015

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ISSN 2610-7449
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