Tirésias de nuit (19)

à son tour chacun ne demeure en place, se déploie, revient, et Vénus dit : nos vies hésitantes, lente se redresse, triture son chapeau, annonce que dès lors n’en portera plus, tu le prends, le mets, sa couleur d’agrume, ne fait pas un genre, ta mâchoire épaisse l’ombre l’adoucit, l’alcool te relâche les dents serrées, tu voudrais dormir, aussi dors Tiré dit Éros, même un seul instant, une fraction du temps soustraite à l’abime, au trop dur désert, partout, aux fumées mordantes, qui nous oppressent, et à la vie même que le monde impose, dors, nos rêves tombent de si bas, d’une ile si lointaine ; on sent le corps de la ville, mais du dehors, sans qu’elle nous prenne, le corps de sa mort, la facticité, tout entrecoupe les pensées, on se redresse, ne voudrait pas leur coïncider (Éros : les mâles et les femelles), l’affaissement des yeux, le refus de se voir en face, aussi nus que nous d’un autre langage, la cause de notre épuisement, ce qu’on ne pourra jamais, déceler ni lire dans un seul regard, d’elles et d’eux un signe dévêtu de haine — les gens nous défilent, sur fond de typhus, de malaria, toussent et crachent entre les loupiotes ;


Réponses

  1. Avatar de Dominique Hasselmann
    Dominique Hasselmann

    Le corps de la ville sait se dévêtir subrepticement, hors de tout klaxon deux-tons.

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    1. Avatar de Serge Marcel Roche
      Serge Marcel Roche

      Un corps changeant…

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  2. Avatar de Caroline D
    Caroline D

    alors qu’elle se redresse, replace son chapeau, et pose son regard sur l’île du refus, son corps y berce l’ombre dans les crachats du vent –

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    1. Avatar de Serge Marcel Roche
      Serge Marcel Roche

      Vous la voyez

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