Tirésias de nuit (20)

on reste là, au centre du disque de poussière, tourmentés, d’extérieur languides mais plein d’insolence, dans les balayures de la fête ; on voit ; on voit : la surface de la ville sans dedans son dedans donc, ses galeries de sons, de clameurs, ne sachant que voir, plus assez de forces pour rêver, pour croire ; on voit : chacun circule dans les tunnels de son cerveau ; on se voit aussi l’un comme l’autre voit – puis on joue à parler se taire, la peau du monde toute ridée, un tombeau, une cavalière, douze oiseaux, verts, le jeu du loto — bientôt le dédale, dédale à refaire, pas ailleurs qu’en soi, là où s’accomplit la transformation, là où ça s’opère, hors des lieux connus — tu rentres, Tiré, dans ton corps non vu, sauf peut-être qu’avec ce chapeau, mais trop de sombres rues, la chaleur du vin, le tranchant de lune sur les restes d’eau, les yeux d’autrui tombant dans les forêts passées, les rivières défuntes, les tiens qui pointent le temps avant l’issue, l’itinéraire à la chambre, où ne s’abrite plus que ton rêve ;


Réponses

  1. Avatar de Dominique Hasselmann
    Dominique Hasselmann

    Dedalus aux prises avec la vision, murs transparents de leur pierre brute.

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  2. Avatar de jeanpaulprat
    jeanpaulprat

    Formidable !!

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  3. Avatar de Caroline D
    Caroline D

    Et de se dandiner d’oiseaux
    dédalement parlant
    de défunts et de rêves
    de tombeaux et de vins

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