Chemin tournant

Serge Marcel Roche

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  • Chant suite et sans lendemain

    Il y a la main qui puise l’eau
    Et puise le silence horizon,
    Source de tous les vents,
    De la forêt musique,
    Et toutes choses profuses ordonnées par l’obscurité,
    Les gestes et les sonorités,
    Là le bris du bois sec, une ombre près du feu
    Ou la rumeur diffuse des boutiques

    Et puis il y a quelqu’un
    Derrière l’incisure des arbres,
    Quelqu’un qui marche aussi
    Dans le froid de décembre,
    Le regard sur la piste,
    Un quelqu’un qui absente le temps,
    N’a d’œil que pour la trace
    Du sentier qui hésite,
    La pierre où sèche le ciel blanc.

    (Pour lui est-ce la nuit,
    Et pour les habitants de la poussière
    Est-il un autre monde
    Derrière le vent ?)

    [Ecrit après chant du petit cossyphe (titre d’occasion), ce devait être un long poème et ça n’a rien donné. C’est là, dans le journal de la brousse endormie, comme une photographie qu’on ne veut pas encore jeter.]
    15 Mai 2014

  • Chant du petit cossyphe

    La lumière s’efface
    C’est l’ombre entre les branches basses
    Prononcée par l’oiseau
    Ou lui-même est cette ombre
    En forme de jeu
    De mot qui danse
    Ce retrait quand la nuit s’avance
    Nuit rivage
    Au bord des grillons incessants
    Nuit nombreuse

    Devance la vague ombreuse
    Des cris sur le terrain
    Les enfants jouent dans la poussière
    Un voile descend
    Une nuée de fumées lentes
    Un couvert de voix clairsonnantes
    D’échos de bois fendu
    D’heurts de pieds nus contre la terre
    Enclin du soir
    Entre les cases
    Sur les sentes

    L’oiseau chante
    Nous passons
    Par le chemin de sa tendresse
    Par le clair incendie de sa joie
    Contre l’écorce des manguiers
    Il chante
    Et c’est si transparent
    Toute chose à l’écoute
    L’obscurité du bois
    Et le bord de la route
    Quand doucement s’impose
    L’imprévu de sa voix

    Mais vient la nuit incline
    Couvrant d’un pagne usé
    La ville les collines
    Le seuil où je me tiens
    Parmi les feuilles sèches
    Et le vent

    (2013)

    1 Mai 2014

  •                            marchons avec au front l’éclat de verre
                               d’une saison de détresse et d’ennui
    19 avril 2014

  • Nocturne

    Les mots glissent du toit jusqu’à la chaise
    La lune est assise sur le vent
    L’horizon est penché sur la cimaise du temps
    Entre la table et le mur blanc
    La peau du jour devenue douce et noire
    S’étire au bord du chemin
    La nuit tamise les étoiles
    Lentement jusqu’au matin

    12 avril 2014

  • Proto web-écriture africaine -60000 ans
    2 avril 2014

  • Écritures clandestines, les délaissées

    Durant ces dernière semaines, j’ai bordossé, un spectre d’idée en tête, impressionné sans doute par la proposition de Grégory Hosteins pour cette dissémination. Je cède malgré tout au désir d’écrire quelques lignes.
    Me suis un temps intéressé au jardin en mouvement de Gilles Clément parce qu’il y avait dans la concession voisine de splendides fleurs orangées, des mauvaises herbes, soi-disant, et qu’elles étaient venues chez moi.

    Le jardin en mouvement s’inspire de la friche : espace de vie laissé au libre développement des espèces qui s’y installent. Dans ce genre d’espace les énergies en présence –croissances, luttes, déplacements, échanges – ne rencontrent pas les obstacles ordinairement dressés pour contraindre la nature à la géométrie, à la propreté ou à toute autre principe culturel privilégiant l’aspect. Elles rencontrent le jardinier qui tente de les infléchir pour les tourner à son meilleur usage sans en altérer la richesse. « Faire le plus possible avec, le moins possible contre » résume la position du jardinier du Jardin en Mouvement.

    Jardin en mouvement Parc André Citroën
    copyleft G. C. parc A. Citroën

    Puis j’ai lu le Manifeste du Tiers-Paysage. J’apprécie peu le terme Manifeste et je n’ai pas tout compris, mais il y a là de quoi réfléchir, trouver une correspondance entre l’évolution de la diversité biologique et celle de la création dans l’espace web.

    Le Tiers-Paysage – fragment indécidé du Jardin Planétaire – désigne la somme des espaces où l’homme abandonne l’évolution du paysage à la seule nature. Il concerne les délaissés urbains ou ruraux, les espaces de transition, les friches, marais, landes, tourbières, mais aussi les bords de route, rives, talus de voies ferrées, etc … A l’ensemble des délaissés viennent s’ajouter les territoires en réserve. Réserves de fait : lieux inaccessibles , sommets de montagne, lieux incultes, déserts ; réserves institutionnelles : parcs nationaux, parcs régionaux, « réserves naturelles ».
    Comparé à l’ensemble des territoires soumis à la maîtrise et à l’exploitation de l’homme, le Tiers-Paysage constitue l’espace privilégié d’accueil de la diversité biologique. Les villes, les exploitations agricoles et forestières, les sites voués à l’industrie, au tourisme, à l’activité humaine, l’espace de maîtrise et de décision sélectionne la diversité et parfois l’exclut totalement. Le nombre d’espèces recensées dans un champ, une culture ou une forêt gérée est faible en comparaison du nombre recensé dans un délaissé qui leur est attenant.

    Considéré sous cet angle le Tiers-Paysage apparaît comme le réservoir génétique de la planète, l’espace du futur … 

    La prise en considération du Tiers-Paysage en tant que nécessité biologique conditionnant l’avenir des êtres vivants modifie la lecture du territoire et valorise des lieux habituellement considérés comme négligeables.

    Fragment indécidé du jardin planétaire, le Tiers-Paysage est constitué de l’ensemble des lieux délaissés par l’homme. Ces marges assemblent une diversité biologique qui n’est pas à ce jour répertoriée comme richesse.

    Tiers paysage renvoie à Tiers-État (et non à Tiers-Monde).

    Espace n’exprimant ni le pouvoir ni la soumission au pouvoir.

    Les espèces se développant dans un délaissé sont d’une certaine manière clandestines, bien que non cachées. Forme d’une nouvelle clandestinité, ouverte, mais non totalement maîtrisable par les pouvoirs de toutes sortes. Les écritures clandestines d’aujourd’hui leur seraient comparables. Elles couvrent sans « occuper » les espaces délaissés du web, hors des terrains exploités par les grandes entreprises culturelles. Tout aménagement génère, quoi qu’on fasse, explique Gilles Clément, une part d’espace non aménagé. Plutôt que d’être repoussées, chassées par contrainte, vers ces lieux réduits, elles les choisissent comme « champ » d’expression, de mouvement. Elles sont les bords de route, de voies ferrées, les talus, les fissures des murs urbains où germe toujours une semence. Les nouvelles écritures clandestines vivent dans les « espaces d’indécision » du territoire planétaire.

    dessin de Gilles Clément, Tiers-Paysage 
    dessin de Gilles Clément, Tiers-Paysage
    Dessins de Gilles Clément, le Tiers-Paysage

    29 mars 2014

  • Sur le fleuve une barque et l’horizon

            

       Sortait un sang léger
       Du petit corps à terre
       La nuit serait belle bientôt
       Et doucirait les choses
       Lui dans la chambre tard
       Penserait à la faute
       Peut-être écrit-on
       Parce que l’on regrette


              >   GÉNÉSIE
    25 mars 2014

  • En ligne : Génésie

    Sur le fleuve
    Une barque et l’horizon
    Devant soi
    Mais la ligne
    Est la lumière
    A nos pieds
    L’or mouvant d’un reflet
    En l’œil des poissons 

    En ligne ou plutôt sur la ligne prochaine, Génésie, poème un peu fluvial, qu’il faudrait lire, écouter, sans se laisser prendre par l’apparente gravité ou pesanteur, parce que le langage transpose à un autre étage. Génésie n’est surtout pas un texte sur l’enfance (foin des thèmes), mais à partir d’elle, en direction de la vie qui se fait dans la condition présente, un écrit à quitter ce qui d’elle, en elle, fonde l’oeuvre, si petite soit-elle,  des mots à découvrir qu’on a survécu malgré tout, qu’en nous est une sur-vie réelle, un au-delà de la peine qu’il y a d’aller jusqu’au bout du chemin.

    Une île au milieu de l’eau
    Petite et décharnée
    Faite de taillis austères
    Aisselles obscures d’un bras
    Une île où personne ne va
    En face est la frontière
    …

    En ligne prochaine, donc, et en libre accès, ici et où ça voudra se rendre.

    22 mars 2014

  • Sans lumière

    Là d’où l’on vient s’efface, on est jeté dehors. L’image est sur la glace, la main du temps s’impose, quelqu’un nous a chassés trop loin de sa pensée. Il fallait bien qu’on naisse, qu’on flotte à la surface, la mémoire d’avant au-dessous de la ligne et la matière de soi au milieu d’autres choses, d’autres êtres qu’on ne connait pas. Mise en terre dans l’oubli, mise à l’obscur du monde, on désespère non pas d’être mais d’avoir le cœur à côté, quand il faudrait chaque seconde accepter de ne rien savoir, consentir à ne rien vouloir et goûter de ne rien comprendre, voyager dans la nuit, se taire, attendre.

    15 mars 2014

  • lions couchés
    dans la saison sèche

    cendre
    brûlis

    7 mars 2014

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ISSN 2610-7449
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