Quant au retour venant de loin
Il y avait la nuit dans l’eau
Et des clignotements publicitaires
Comme une autre ville sur les toits,
Dernière, disant « C’est moi
L’image de la cité sainte »,
Il fallait se pencher à fin
De l’entre-voir, garder en l’œil
Ses merveilles, la brillance miroir
Des portes, une forme de présence
Où plonger mais trop vite passions,
L’on traversait pourtant
Endurant la douceur que
Ça laissait en soi la route
Et ce versant gravi par l’auto,
Puis lentement glissions
Vers l’immeuble utérin.
Auteur : Serge Marcel Roche
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Lignages 2,1
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Lignages – 13
Regardant ce qui reste d’avant,Peu, pas même du nécessaire,Étant sauf ce qui en soiDemeure malgré toutCaché très en-dessousDes lignes saisonnières,Enfouissé — ou quelques photosGrises de la vacance d’êtreEn ce monde-là, on se clichaitRien que de temps en temps —Se dit que tu prends l’heurPour en faire quoiEt de quel souvenir vivronsQuand nous serons ailleursEn le commun destinEt quelles visions en la tienneAurons des maigres joiesComme faire dans les alléesDe risibles voyages en voiture à pédales.Allions empropretés, coup serré du dimanche,Sur un béton d’époque qui voulait oublierLes grandes destructions, marcher en ayant l’air,Parmi rosiers, pelouses, exotiques verrièresEt senteurs de crottin, rire mais peuÀ guignol en ne comprenant rienDe ce théâtre — assis derrière —C’est que nous devions nous enterrerLa mémoire des mortsEt des trains[Toi si haut en-dedans, si loin,Dans ton silence, seulementLe cœur broyé et d’apparence éteint,Tu pleurais de tendresse peut-être]Allions, encore, de l’autre côté,Comme si l’oubli là-bas,L’espoir ou presque pas,Comme on va à la gare, partions.J’habiterai ta maison que je cherche.
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Horizontal et l’ennui
notation 10Aurai passé six ans dans ce fauteuil aux coussins bleus.
Maintenant, là-haut, les chiens me défont la nuit.La notation est un art de forêts inconnues. D. Hasselmann
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Lignages – 12
Je me cache autant que tu fuisAvec l’idée d’être né de moiIl y a longtemps, hors du langage,De la férocité,Hors avant l’invention des villes,Des fanfares et du sang,Pas de souvenir d’expulsion,De la jetée, du passage,Il n’est aucun lieu traversé,Tous deux nous nous absentons.— Tu m’en veux.Dire n’aimer pas la mer trop largeEt que je suis loin,Ce n’est pas ça, un voile entre nous,Des images,C’est ton personnage qui joueL’attente près des portesS’inclinant.Tu vas où tu ne sais,Comme en ce tempsConduit par l’obligation de vivreTu allais sachant ne sachantSi le jour en vaut la peine,Peut-être déjà pensantQu’à cet âge aussi bienTu pourrais ne rien faire,Être là simplementSous les arbresPrès de l’eau,Mais tu mens.N’a souvenir des nuéesNi du vent, ni des motsQu’on disait de toi— Leurs motsDans un endroit très vague —Et de pas même un peu de vérité,De chaleur, qui l’eussent atteint.C’est contre cela qu’il fuit,Le devoir signer son pauvre nom d’ennui,Écrire la date au dos de rien— Il avait choisi les dessins sans douteC’est ainsi que passe la route,Toi, tu es son berger.Un jour il s’en irait loin de ta faceComme tu l’avais poussé hors de toi,Séparé, il entrerait dans la colère,Cherchant contre qui lutter,Contre qui plaire.
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Horizontal et l’ennui
notation 9Un serpent vert tombé du manguier, certains le disent inoffensif, d’autres que le sang sort par les yeux.La notation est un art de forêts inconnues. D. Hasselmann
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Lignages – 11
Ne priait,N’invoquait pas, sans compterQu’on ne parlait de la mèreOu des saints mais de rien,Un train saurait mieux faireEt dire qu’il s’en vaPendant qu’on nous clouait au vide,À la colère, et toiDans ton affreux silenceTu voyais tout,Tu regardais.Ton bâton me rassure.Plutôt qu’entendre tomberDes lunes d’entre leurs dents,Passions les murs, ne sait comment,Pour être en l’eau des flaques,Des pourritures,Traîner, sentir des odeurs nouvelles,S’étendre corps et terre,Trouver seul que tu es heureuxMême en bord d’égoût,Sur des remuements d’airEt la lenteur d’où, personnePour t’énoncer vraimentAlors il faut aller soi-même,Un jour voyager loin,Par un train d’autre époque,Jusqu’à des sables ternes,Ne rien trouver qui vaille au ciel,À la mer, aux là-bas,S’encompagner de quiQu’on ne reverra pas,Faire les poubelles en revenantSur le bord des villas,Poser pour une photographie :Toi, peut-être un refletDu corps des arbresEt lui avec ses jambes grêles.Es-tu si tu ne te dis pas.
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Lignages – 10
D’un peu haut l’on voyait la plaine,Presque le fruit des arbres, des murs blancs,Le côté gris des choses aussi.Le réel dormant dans l’oubliSemblait une plaque de lumièrePosée jusque sur les monts,Avec en-dessous des fusionsEt toi qu’on disait au ciel.De là n’ouissions pas le bruit d’ailleurs,Ce qui était derrière, la villeDes vrais gens, mais les voix étoufféesD’une époque et d’ancêtres,Les locos passant la barrière ouSur l’herbe le ventEntre les cerisiers.[C’était rouge d’un sang vicié,Violet parfois comme violéSous les doigts, plein de rancuneAcide de ne pas savoir quoi,Ne pas connaître qui,D’attendre, choir en nos bouches,Cueilli, d’être salive, ventre,Douleur qu’apaise un peu de noix.Finir ainsi et sans prière.]
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Horizontal et l’ennui
notation 8Pas de plus que rien. Attendre seulement.
Il y avait une libellule sur le robinet d’eau.La notation est un art de forêts inconnues. D. Hasselmann
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Lignages – 9
Et les montées périphériquesDans une paix teintée d’ennui,
À suivre le bas des murs,L’ enclos des propriétés,À cheminer là où l’on pisseNon pas de l’autre côté,On se faisait l’Observance,On allait vers le CimetièreSans croiser beaucoup d’autos.En retrait de soi-même, lui,Toi là-haut plein d’opacité,Non tienne mais celle des motsQu’on donne à ce qui est ignoré,Gravissions le point du jourAvec lenteur de pas, et toiEntre débris de rire, bouturesDe propos, étais comme un soleilNappant les dos.Ah, le bonheur de rien,Aller ainsiOu se tenir à tableContre le soir.
