Sans texte donc qui ne soit pas mien sur le corps qui danse, j’ai vagué pendant des jours. Jusqu’à Recours au Poème et Poétique du Petit Corps :
Ne pas bouger
Se dire bougeant
N’est-ce pas, au fond, ce qu’est la danse ?
Traduction, re-présentation, bien entendu langage ?
Poétique du Petit Corps
Bouger… Ne pas bouger
Ne pas bouger
Se dire bougeant
Se dire immobile
En attente d’un tremblement si preste
Ou si long à venir…
Apte qui pourtant se veut doux limpide lucide translucide
Comme les statues d’antan qui dénigraient les mers inconnues.
Qui abîmerait les jardins inondés de rosée
Le corps est dans le sépulcre des ans
Immobile
Le corps est là où tout n’est que tumulte jaillissement et tempête
En attente en tension
Il prête attention au silence de l’aube
Puis crier
Rayer le silence d’un cri
En esquissant un tout petit mouvement
Lâcher une pulsation
Là où il est
Et regarder la béance
Se voir dans la béance
Ne pas la refermer tout de suite
Y laisser s’installer l’œil
Qu’il capte l’étendue du vide
Provoquée par le si petit mouvement
Jusqu’à ce qu’il se brise…
Et refermer
Ne pas bouger
Etre immobile
Arc-bouté sur l’espace refermé
Laisser le silence recouvrir le corps immobile
On ne choisit pas
C’est selon
Mais sûrement pas les deux
Même alternativement
Le corps entend
Il trésaille
La tête pivote légèrement…
Mais non espoir en suspens
Le corps s’endort
Dans l’obscurité un cri
Comme une déchirure
Une lame tranchante dans le vide de la nuit
Revenu brutalement comme
Le plomb qui scelle le mystère
Des jours et des nuits
Inquiétant comme
Une menace d’éternité
Nul ne peut savoir
S’il poursuit encore son cours
Le rythme s’accélère
Puis…
Très vite ça s’ouvre ça naît
…
Corinne Tisserand-Simon
Petit Cri Cherche Petit Corps, théâtre (Éd. ETGSO, vol 12, 2011)
Poétique du Petit Corps, 2001, poésie
Petite Musique du Corps, 2003, poésie
Merci à C. Tisserand-Simon et Recours au Poème
d’avoir spontanément accueilli cette dissémination







