Tirésias de nuit (16)

si peu, morceaux de langage, que la ville égorge, ingère, broie, d’ailleurs tu longes des abattoirs clandestins (odeur de bucle, sang séché), constamment sur la ville un nuage de mots (étiquetés), fantôme des voix d’en bas qui s’entrelacent, s’entretuent, ça gueule, toujours, plus haut, qu’on parle qu’on se taise, tu l’entends, et ne voudrais pas, la mère vagabonde inspecte encore le tas, sort des informités, déjections de termites, où se trouve ce qu’on espère trouver, en t’éloignant la phrase se répète, dans une langue claire, nouvelle, au plaisir de dire, à ses jeux — tu penses, derrière, la chambre distante, devant, un rat crevé qui semble rire, se moquer, l’enjamber, franchir ce qui ceint d’une gaine de fer, opprime, pas seulement toi, la terre, le désir d’habiter sans contraindre, le don d’exister, tu mesures aussi le retour à faire, l’obscurité, puis aller de nouveau, matin, dans le vide, son immensité, et dans sa jeunesse (si les ciels un jour pouvaient fendre, se déchirer), changer, tu soupires après jouir des nuances, sans trop y attendre (ta lucidité), et sentir la chair tout inoccupée, libre, providente, qui s’accorde enfin à ce nom caché, de toi que tu portes, gardes informulé, des lettres plutôt, des sonorités, jazz interne que tu musiques en tes entrailles, sur ta peau, entendu seul par les deux (tes amours secrètes) —


Réponses

  1. Avatar de jeanpaulprat
    jeanpaulprat

    « Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais… »

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  2. Avatar de Dominique Hasselmann
    Dominique Hasselmann

    Le jazz interne bat au rythme du cœur jusqu’à la syncope.

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  3. Avatar de Geneviève Catta
    Geneviève Catta

    J’aime beaucoup.
    Merci!

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  4. Avatar de Caroline D
    Caroline D

    dans l’obscurité d’une ville
    la peau et l’âme se gainent de terre
    de mots et de sang

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