fréquence 23

Accolant le mot qui précède à son immatérialité, cela fait un abri, une encoignure au soi, d’où goûter leurs passages parfois simultanés. L’eau se fracture en milliers d’elle tandis que lui est mouvement ou bien le flux astral du langage. Une voix que l’on regarde tout en se retournant. L’assimile-t-on à des tempêtes qui brisent les arbres et les maisons, venues des Bourbouilles insulaires, de l’atoll des Créolités ? Peut-être, oui, l’entendre ainsi, démonique, angéliaire, et troublée par le sort, celui de quiconque est né.

fréquence 25

Suspendu, chutant, il faudrait l’écrire vertical puis obliqué par les vents cogner longtemps la fenêtre mais qui parmi les nombreux est aussi parallèle et près de l’horizon. On voit un cargo modeste sur son flanc, sang cuit qui se détache du rêve et des orages, du long gris fossile des durées, évidé, seul dans l’échouement. Finir ainsi, au bord de tout, liché par cette frontière, suçoté par les marées, sans éprouver d’elle(s) ni voir passer sur la corniche chaque jour à même heure dans une auto le spectre tricéphale d’un instant de bonheur. Conjointure de ses faces qui ne sont dos à dos, l’une tombe l’autre s’étale, et c’est d’un poids faramineux, d’une extrême immensité, tandis qu’au long du torse, de ta joue, ça caresse. Se trouver dedans, être sous, presque poisson-réflexe mais de surface, lagunaire, ou légèrement volant entre les deux abysses quasi-oiseau d’une mer et sa terre, intérieures. Encore, patienter son dégouttement, du tourmenté à l’évanescent, inattendu bien que prédit, une céleste dépression, éterniser de corps le fluide des secondes quand elle coule et ricoche contre les alluvions mentales, l’aggloméré de la poussière en concrétions pensives. Toute la langue côtière est giflée par l’altan, la trombe dure, ensuite, accalmié, l’on ramasse en sortant clovisses et bigornes jusque sur les toits ou pour l’un seulement quelque éros bleu pâle à tenir dans sa main. Au sein des terres très loin si gonflées de rivières, rien n’a changé.

fréquence 26

Point d’accroche, ce qu’on lit d’autre que soi, le même, ou une affiche, la colère-couleur, un désir, l’air, mes doigts ce coin de miel qui s’épice, l’histoire des griffures. Va ma langue, lèche, ce qui leur fait horreur. Un pont sans arches court sur le nerveux, aux jonctions, l’écorce dérobe les corps ce qui voilé conteste toute exploration, l’accès à l’o intime, le cloîtré. Lettre mâle, à fleur de pieds, lâchant des sources retenues, adverses, masques et leurs prolongements de rues, dans (qui est extériorité), tout en agitements, flux entre les autos, le jeu subi voulu des apparences. Sang peut-être et moires, la bête sur qui fond le milan, le courbé invisible du croisement des lignes, d’elles et leur insensé distordu en des sillons-lumière. Un autre cheval, noir, sans pattes de devant, la vision à l’arrière, une croupe rebondie avec queue mi-chignon mi-faisceau qui s’achève en bouquet hennit le rire des âges. Nous trompés sous le flot.

fréquence 30

Duel, et si au lieu de mort la matière s’accomplissait, forêt sans ciel, si dedans était son dehors et ce qui fut, embryonnaire, une promesse, ne retournerait au rien que le rien, compost acide de l’échec, et ni ruine ni vestige, sous les feuilles en linceul, le pourrissement salutaire.
Or, avec du cassant dans la sonorité, de la fracture, des cicatrices, du cratère – un déjà depuis l’enfance marqué au fer, sacrifié – et le déliement final, musculaire, tout en déployé dans l’air qui (se) déchaîne, offre son velouté d’ardeur.

Vocable qu’on enterre.

Du quoi par qui l’on voit d’une manière irrégulière se donne et nous trahit à des degrés changeants, en variations précaires, image plurielle de tout, arcs-boutants mobiles – plutôt chercher le froncement, la confection des plissures, s’insinuer dans l’ambulant – un dévaler monter en place de lecture, un le se dire – non repérable – passant ville, une, certes s’étend, périmétrale, stellaire, mais où l’on est sur plus que dans, à travers un champ inorganique

fréquence 34

phonétique du manque – anémie – le contraire du tant, ce qui se vide et sèche après l’écoulement sur routes entre clairières, porté par des bateaux, continuellement. Jamais les trains rompent la veine, sitôt le coulant giclé et sa bille mâchoirée de chaînes, vont. Le cheval aussi ne cède son pas. Son globe plissé fixant les débords cruels. Attend qu’un jockey survienne chu des mondes là-haut, qu’ils se fassent tous deux centaure, pur allant. En robe de crème sale sous les eaux, immobile ou quand le soleil du multiple rose mouvant, hume l’espacité des mots que les livres oppressent. S’inondent autour d’eux lui, fausse bête, les gens qui parlent en gingivant, qui parlent et moulinent, le crâne dans les saturations, passent entre des camions, le brouhaha et la musique. Titube l’émacié au gré des solutions, puis poches creuses, il erre, errant, pendant que les mini-typhons descendus des antennes éparpillent même le vent. On ne sait pas de quoi là ce dedans, cet autre qui nous fait soi étant de la matière et pour les peuples aussi l’esprit, l’ardeur, la confusion, les luttes, le sacrifice, le répand sur la terre, la paix que donne un dieu versé pour le beaucoup mais qu’on ne comprend, qu’on refuse. Ceci figurant encore cruauté de l’intime, ou la perte l’union ou l’être du commerce, les trafics humains. L’amour et la violence. Un vagabond dans le jardin. Sa fierté.