Chemin tournant

Serge Marcel Roche

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  • Éros au bord de l’eau (5)

    elle très bas, on l’entend gronder — le film cloque — souffre de spasmes, nous qui partons en arrière, avec du whisky dans les verres (standing auquel nous tenons), des bestioles aussi — et cette fin de lumière, une lampe qui crépite ; le gout des feuilles amères, métal des sardines ; nous buvons à nos morts et nous-mêmes, on se renverse, toujours ce bruit et elle si bas que derrière, des reflets tremblotants, le pagne des sirènes, l’empirisme des questions que nous feignons pour rire, Éros dit : l’alcool descend dans ma nuit très fort et ne chante que si le corps

    on mouille, dans l’épais de l’air, la lucidité, loin du remuement — transformés, lagunes — volent-y des oiseaux nocturnes voyageant sur l’eau ; il répond que oui, qu’on les nomme bateaux — tant soudain l’image : toute horizontale ; on se verse, chaque heure presque, pour vider le chaud, le fond de son verre, la dernière goulée — puis ça crisse partout, jusque sous nos pieds, le bruit redescend, d’où elle redescend — qui le sait — issu de matrice(s) dans l’en bas l’en haut, de ce quoi du monde que nous cherchons, le temps et la joie d’une vie profonde

    Une plage du littoral atlantique au Cameroun, avec une bande d'arbres dans le fond et un ciel nuageux, lourd.
    6 février 2024
    Alcool, Éros, Bruit, Corps, Film, Joie, Lumière, Mer, Nuit, Océan, Oiseaux, Peau, Temps, Tirésias, Vénus, Vie

  • Topographie sonore du quartier 12

    Exorcisme

    03/02/2024 à 01:00

    Capture d’écran : © Google Earth

    4 février 2024
    Afrique, Cris, Exorcisme, Milieu urbain, Quartier, Religion, Secte, Sons, Topographie, Ville

  • Éros au bord de l’eau (4)

    il parle, nous parlons, pas moins que d’autres, du vent, brise ou grain, états intermédiaires, l’effet sur les épidermes, si ça colle ou rafraichit, pousse au contraire de ce qu’on veut faire — mais d’abord comment se glisser dedans ; vivre en l’air ; rompre le pesant ; on avise a little egret, déroutée peut-être, lentes saccades, ses pas — sa fuite cou rentré, son envol incertain ; peut-on ne pas se départir, de chaque joie, d’un frais matin, à l’océan ou de cette angoisse, qui prend, malmène au point où l’on voudrait rester, sans férir — avec ses rêves nécessaires —

    le bruit, ce bruit-là, surgissant quand du somme, il se réveille, s’extrait d’un trou (les années), d’un plus réel que l’instant terne, passé — il dit qu’il pêche dans les enfers ; mais on se promène où de gros rochers, des monstres de mer, leurs yeux immobiles ; marcher ainsi ramène à ce vide en soi qui, le souffle, le regard des choses qu’on ignore, relâche le continu, la vitesse des jours, l’étire — on se trempe les pieds seulement sur la frontière, l’eau lèche nos chevilles, sans se dire du quoi ; elle poisse dans l’image, le soleil décroit, nous rentrons — souls de désir ;

    Une plage du littoral atlantique au Cameroun, avec une bordure d'arbres et des roches grises au premier plan.
    2 février 2024
    Éros, Bruit, Désir, Image, Mer, Océan, Peau, Rêves, Tirésias, Vénus, Vent, Vide

  • Éros au bord de l’eau (3)

    la ligne arrière, on ne la sent que par les vibrations de voitures, qui traversent l’écran, le hachurent à hauteur du toit, pas souvent, ça part vers la ville balnéaire, ça revient dans un soleil humide — nous, plus bas (d’elle une pente légère), baignant dans le fleume, tranquilles, on demeure le matin à visionner le tronc de l’arbre inconnu, ses racines qui se projettent (on s’assoira dessus), la bande sombre, pétrole, hérissée de rognures, de bris, une autre miel, rase, veinurée dedans, où se lisent des cartes sphères, avec sans cesse lourd le bruit cognant du temps ;

    car à ce bruit toujours devant, de l’image, il ne sait s’il pourra donner son temps, que lui le prenne et l’engouffre ou si lui l’avalera, ce fruit, de l’amour d’un dieu-même, qui le donne aux hommes perdus ; là devant, juste après le travers que nos orteils fouissent et cette part du sable changeante au bord de l’eau : le fond de la terre, les cieux ; on flemmarde encore, jambes étendues, Éros sort du flot, dit des choses belles, nous rions aussi, oubliant la guerre, le bruit, le trafic en haut par dessus nos têtes, tout au premier jour, très nus, solitaires — et jusqu’à la nuit —

    30 janvier 2024
    Éros, Bruit, Corps, Nuit, Peau, Tirésias, Vénus, Ville

  • Topographie sonore du quartier 11

    Cameroun-Gambie : 90’+1

    23/01/2024 à 19:51:46

    Capture d’écran : © Google Earth

    28 janvier 2024
    Afrique, Football, Liesse, Milieu urbain, Quartier, Sons, Topographie, Victoire, Ville

  • Éros au bord de l’eau (2)

    ça fuit par les côtés, à grands traits et petites touches, mouvantes fixités — la première fois savoir où se rendre — devant, on ne peut aller, devant : le bruit, l’image, les couleurs superposées : brun d’épaule (que tu découvres), gris de coque (avec écume), fond de poêle acier, proches d’une monotonie, devant : les naufrages, la naissance ; il dit : s’insinuer entre courants, ce que les poissons, mais sur terre, aux bords de langue ; derrière, une route, ses camions, des cyclistes qui vont, sans toutes les questions qu’il traine, à partir de ce bas désert, irons-nous plus loin ;

    lui sur (ou sous) l’étroite véranda (qu’importe, si l’on peut s’étendre) face à elle, l’image-photo qui transpire, pleine d’un embrun nocturne, au-dedans l’âme, dehors la peau, ça dégouline déjà tôt, de sueur, de pensée, plaisir, sans l’envie de se recoucher, les songes passés fabriquent-ils le jour, il tente de se souvenir ; on mange une chair très orangée, presque rouge et du citron vert, boit du café très terre, raciné, où surnagent fleurs, cerises, béton brulant, l’odeur de l’amour ; pieds contre l’âge des carreaux, leurs fentes, disjointures renflées, semblables aux plis intimes ;

    26 janvier 2024
    Éros, Bruit, Image, Mer, Océan, Peau, Photo, Son, Tirésias, Vénus

  • Éros au bord de l’eau

    Après Éros dans et hors de son lit, Vénus en son salon et Tirésias de nuit, vous est offert en supplément Éros au bord de l’eau.
    Les trois, ayant quitté la ville, se retrouvent sur le littoral atlantique.

    Saïd Zekri (détail)

    entré par l’anse, mouvemente, brouille, un bruit d’abord plus en vue qu’en écoute — laisse l’avant (rue-chambre se déficèlent) — il t’emporte, si neuf, te conduit, mais l’oubli, la peur de lancinent — au premier sommeil, avec ce bruit, Éros rêve la maison, l’ancienne, toute de terre qui resplendissait, au-dessus d’où l’on passait, un nuage (comment dire mieux), la granulosité du mot ; cela revient, et le regret : pas assez joui, frissonné des instants — maintenant ce bruit, son temps qui plusieurs, rapporte aussi le reste d’une vie, toujours intérieure, aux secondes ;

    le même bruit qu’on voit, qu’on entend : l’image-son qui t’obsède l’esprit, te prend, quand laissent les maux de ventre, sinon on envoie tout au caniveau ; Éros, titubant, se lève, en tête la maison, vraie mais déshabitée, produit encore son effet dans le corps, le cerveau et s’ajoute au bruit, réflexion — le retour, cette joie-victoire, d’un jour au moins, d’une heure, sans la sauvagerie du monde, le seuil brillait du couchant, sur les chaussures, le ciment et de paisibles mouches — l’image s’adjoint le vent, Éros sort, marche loin, revient, regarde les corps beaux de mer,

    23 janvier 2024
    Bruit, Corps, Eau, Eros, Image, Mer, Océan, Son, Temps, Tirésias, Vénus, Vent, Vie

  • Tirésias de nuit (25)

    — plus qu’une heure ou deux, le cri des muezzines, voix rauques, amplifiées, qui strieront le ciel ; que l’aube cruelle, troublée te dévoile, mi-paré mi-nu, sans bien reconnaitre ton corps, ton visage, dressant l’inventaire, lambeaux arrachés à l’opacité, des bouts de ténèbres, squames d’ambigu, qui vont au ruisseau, se mélangent à tout, fèces, eau de vaisselle, surnagent les pluies — quand de l’extérieur (le monde confus), tombe un peu de clair sur le miroir, tu ne te vois plus, tes yeux te possèdent, il faudra partir, et partir dis-tu à partir de toi, du déchirement d’anciennes gravures, défaire ton image, te recevoir — l’élobi s’éveille, qui n’a pas dormi, ni toi et le mort, sauf quelques poussins dans leurs nids flottants sur la pourriture, les excréments, dors-tu maintenant que le verbe ami, en te séparant, fragile, te libère, que nait de ton ventre un tout nouveau dit, le dit de ton corps, du corps de toi, et qu’importe, Tiré, si l’on ne t’écoute, qu’on ne le voit, les sexes-lotus embaument le temps, prennent la traverse, chacun solitaire, dix-mille, vingt pas mais quelle importance, tu entends les notes d’un jacana, hâtives, perplexes, ouvre, ferme Tiré, tes yeux, ne sors pas — toujours, les mêmes chiens gueulent contre la nuit

    Fin

    Si vous désirez faire une lecture continue de ce texte, veuillez m’en faire part, à l’aide du formulaire de contact situé en haut sur la ligne de menu. Je vous l’adresserai alors au format PDF.

    19 janvier 2024
    Corps, Eros, Lumière, Nuit, Peau, Tirésias, Vénus, Vie, Ville

  • Note de lecture sur Poesibao

    Sur le site Poesibao, l’écrivain Jean-Claude Leroy consacre une belle note de lecture au Journal de la brousse endormie.

    Je vous invite à la découvrir. Son temps de lecture n’excède pas celui d’un brossage de dent, à condition de ne pas faire les deux choses en même temps.

    C’est ici : « Journal de la brousse endormie », lu par Jean-Claude Leroy

    18 janvier 2024
    Afrique, Jean-Claude Leroy, Journal de la brousse endormie, La rumeur libre, Note de lecture, Poesibao

  • Topographie sonore du quartier 10

    Métiers ambulants

    03/01/2024 10:56 Vendeuse de fruits
    05/01/2024 12:43 Cordonnier
    17/01/2024 15:33 Couturier

    17 janvier 2024
    Afrique, Colporteurs, Métiers, Milieu urbain, Quartier, Sons, Topographie, Ville

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ISSN 2610-7449
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