les blancs commencent, toujours, on note les noirs entre parenthèses, devoir atteindre l’horizon, tu t’ennuies, la sueur des doigts encrasse les pièces (découpées dans du PVC), même si promu tu restes un pion, évite de te faire sauter, rafle, va-t’en — tu repars, ne savourant ni la victoire ni le gain (au plus un demi pain chargé de margarine, encollant ton palais, un plat de nouilles au foie, deux oranges, trois), tu redresses la forme de ton corps assise, revois les autres corps penchés, l’odeur des jambes adverses, les pieds embabouchés et la poussière durcie où les ongles entrent en chair, une trace au ton miel grimpant l’intérieur des cuisses, l’ourlet du short sale, près d’un genou noirci — effacement de la séquence : à quoi sert de garder tous les comptes, le dépit du vaincu, ses outrages, son obscénité, sitôt chaque coup, subi, porté, tu vidanges, fuis (à pas élastiques, toute nocuité) — tu prends en plein poitrail la verticalité, le plaisir du jeu s’y dissout (ou son ambigüité qui toujours tenaille), l’attrait de la hauteur, des fenêtres fermées sans personne derrière, d’une surface en azur, se cognent des oiseaux contre l’idée des arbres, dedans, contre une copie du ciel ; tu n’aimes pas le souterrain, pas les profondeurs ; les tuyaux ; pour rire tu demandes quelle heure autour de toi, ne sais plus où portent les ruelles, si quelque part, ce qui s’atteint, autre que du labeur, la fabrique continue des jours — peut-être un vol de garde-bœufs, qui s’effiloche, sa blancheur ; tu n’aimes pas les gouffres ; peut-être un milan qui s’égare, cherchant sa proie dans le béton, une femme exténuée, les griffures de sa toux, le retour de ta faim (en spasmes erratiques), tu ne regardes plus que le front de la terre, huileux, trop pétrolé de salive, de glaire — pressant le pas ; quand file (mais quoi) ce qui faisait le corps léger (possible interne entrevu, ou rêverie, ou fiction) qui ne se rapporte qu’à lui-même, au peu d’autres aimés sans l’atroce puissance, le difforme réel, les rivalités, ces deux comme pouvant qui traversent le jour (apaisement que les penser, si petits dans la ville), que tombe une pesanteur (le monde), avec des cris, de la fureur, tu pries n’importe quel dieu du vent pour que ça taise, la pluie, que la pluie les inonde, le silence renverse, et tu marcherais sobre, nu, sur du sable, de l’eau, transposé ; mais allant ici, au pas de l’angoisse soudaine, la route se durcit, t’abandonne, contraire, te laisse, sans un mot en tête, route chère — tu demeures avec tes manies, ton penchant, comme baisser les yeux à tout croisement, de choses, de gens, hormis les rares bêtes (zébus, chiens), presser la clé, fétiche, dans ta main — qui ne te conduit vers, une ligne à lire horizontale, droitement, un paysage (le réel dénué d’humain), que des collines, escarpements, la croute, les signes angulaires, la fatigue des reins pourvu que le soir finisse, tu ne marches plus sur ce chemin — passe les carrefours inhabités, les masses désertes, le rond-point (celui que fréquente Éros), on voit, sans nuages, le vert des arbres à flanc de rocher, un vert qu’on ne peut, qui se perd, qui semble un tableau, pense à : coudre des traines au gris des cieux, de longues queues, où les avions s’égareraient, composer pour Vénus des milliers de chapeaux, même un autel à dieu, emballer la mer (dans un magazine, de telles métamorphoses), on s’y rendra parler, danser, boire, on ira se rendre à la mer, devenue verte comme un tableau, ensuite sans doute, tout finira — passe un supermarché, sa grosse enseigne rouge, le parking plein d’éventaires, jamais tu ne t’arrêtes devant les articles de bazar, tu voudrais, t’abstiens, par lassitude, austérité, crainte d’un désarroi, s’il fallait dire, même non, de ta voix changeante (et de t’entendre, cet émoi), alors tu files un pas plus long ; tu aimes : les pharmacies, les commerces de luminaires ; souvent tout se transforme en inquiétude ; tu aimes aussi les maisons folles à recoins, mais du reste, peu, rien, ou comprendre le mouvement ou l’eau qui pleut dans une vasque, un bassin et qui revient — Vénus dit : tu survis grâce à ces menues joies, aux bonheurs fugaces, ce que tu sens par le côté, l’envers, autrement tu vois trop la lourdeur de la terre, son mauvais cinéma ; tu t’assois pour pleurer, te relèves ; t’interroges de savoir où s’épand ton dégout, dans quel déversoir s’engouffrent les vies, les mots qu’on prononce, ceux que l’on écrit (arpentant, tu traces de grands caractères, parfois des petits, enfant, découpais le vocabulaire) ; ce que font les autres, aussi, te questionne, les machines, quel trou ça remplit l’ardeur insensée, la sombre existence — au milieu du soir, le soleil déplait, à noyer le cadre, à tout revêtir de son assurance, tu stoppes, t’abrites en quelque repli, couverture d’échoppe, ombre de chantier, l’œil se délasse, d’un morceau de bois simplement posé, on voit la lumière remise à sa place, et croire autre chose que l’ordre de vivre (de ressembler), respirer, mais seul ; on obture ta bouche, cette porte inutile, avec une croisée de lattes rongées, noircies par les âges, on cloue ta parole (la dite l’à dire, le chant), te brule la peau, du ventre, les os ; encore ne meurs-tu, maudit, de ton sang, des pères, et leurs vieux lignages — à quelle seconde du temps, où bon mauvais s’entremêlant dans les pensées, un peu de paix descend t’envelopper (familière), pas que toi, autour, l’air, rend évident le nom, les noms (sans besoin de se dire) des objets qui se taisent, qu’une douceur éclaire, et qu’après tout empire, l’embarras, le désœuvrement, qu’il faut repartir ; une femme errante fouille des rebuts, en tire du papier, soigneusement le lisse, t’aperçoit, le plie, avec un sourire, mais un regard froid, dit une phrase, qui te concerne, que tu ne comprends à propos de quoi, rien —
Étiquette : Lumière
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Tirésias de nuit (15)
au milieu du soir, le soleil déplait, à noyer le cadre, à tout revêtir de son assurance, tu stoppes, t’abrites en quelque repli, couverture d’échoppe, ombre de chantier, l’œil se délasse, d’un morceau de bois simplement posé, on voit la lumière remise à sa place, et croire autre chose que l’ordre de vivre (de ressembler), respirer, mais seul ; on obture ta bouche, cette porte inutile, avec une croisée de lattes rongées, noircies par les âges, on cloue ta parole (la dite l’à dire, le chant), te brule la peau, du ventre, les os ; encore ne meurs-tu, maudit, de ton sang, des pères, et leurs vieux lignages — à quelle seconde du temps, où bon mauvais s’entremêlant dans les pensées, un peu de paix descend t’envelopper (familière), pas que toi, autour, l’air, rend évident le nom, les noms (sans besoin de se dire) des objets qui se taisent, qu’une douceur éclaire, et qu’après tout empire, l’embarras, le désœuvrement, qu’il faut repartir ; une femme errante fouille des rebuts, en tire du papier, soigneusement le lisse, t’aperçoit, le plie, avec un sourire, mais un regard froid, dit une phrase, qui te concerne, que tu ne comprends à propos de quoi, rien —
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Tirésias de nuit (6-10 reprise)
ça vient s’amasser, dans le quoi, l’esprit, quand se met la ville en face de toi, pas de la mémoire, qui dort, non, des restes d’humeurs, de mucosités, et des flashs de joie, celle de ton corps avant de connaitre, le douteux savoir, mais avec aussi la fatigue nerveuse de l’enfance, les pensées qu’on n’y arriverait pas, à ce bord de l’eau, l’endroit où la vie passerait immobile ; là-haut les autos vont à leurs affaires sans te regarder, et ton père ta mère tu ne vois jamais leurs visages dedans, les autres non plus, défilant ailleurs — ailleurs qu’en tes yeux, qui te font grand comme cette ville et ses rues-veines entre des seins nombreux tendus, par la douleur, vers le ciel d’une bête couchée sur le dos — faces sous filtre d’ennui ; et toi ta peur d’oiseau à terre, au sortir du trou, quand le bruit sur-le-champ te baise, outrage le refrain que tu pleures au-dedans (une complainte d’amour et de guerre) parfois en même temps que l’onction des mains, la fragrance de l’huile (pointe de coumarine) ; bruit de sécateur, de trancheuse moderne, qui sépare les mots, les stances de l’histoire d’un amour pas vécu, tu ne peux plus penser, comme eux, dans les autos, ou ceux sur les trottoirs (souvent leur absence) qui mâchonnent en passant l’oubli du devoir-faire, ce fracas te délivre de ta pauvre intention, ne pas rester en bas à détailler les plis d’un corps non voulu et le nouveau qui vient, tu marches pour toi-même, transparent, souverain, en n’importe quel sens (de toutes leurs manières Éros et Vénus t’attendent, chez Marcelline ou aux enfers) ; circulation sur le devant — en nocturne les sons te ceignent plutôt, t’enserrent mais doucement, flottent sur le terreux sommeil, font lorsqu’on se réveille presque douter de soi — qui emporte à coups de klaxons jaunis la rouille des gens, l’oxyde du temps, les destinations que l’on crie, les paroles clouées dans les gorges, au milieu des corps mécaniques, qui te sentent très étrange, tu te sens plus étrange, trouble, encore que dans la chambre vide, seul, quand on dirait que tu voles, brièvement, sur le monde ou que tu viens d’un autre pays semblant pourtant le même ; au fond de l’atelier-boutique tu faisais des chapeaux, des masques avec les chutes, des sortes de kimonos, en carré de doublure, blanche ou verte où sous les apparences, rien n’occupait sa place, en toi et au dehors, durant les heures par terre, qui s’habillaient de la longueur des routes, la pédale encore luisante d’une machine à coudre, un pied dessus qui la lançait, l’aiguille pointant le drap et toute la clientèle, jamais tu ne les voyais, pas plus que ce matin les fantômes assoupis, sur les banquettes, dans les voitures ou le train, la figure des passants qui se façonnent, tu t’en souviens, l’air de sortir toujours un mort du frigidaire, les devantures aussi (sauf celle du salon), tellement identiques, fatiguées, vitreuses ; tu gardes assez de mémoire pour aller, loin, n’importe où, sans lumière ; et l’œil à tout, aux angles, à l’arrière, les fruits colorés sur des charrettes à bras, les décoctions amères, sombres, visqueuses, de bogues ou du cuir des arbres, les creux du sol mouillé (ruptures), les tenues de police (oubli de ton identité), quoi qui diffère d’hier, que ça casse, un peu avant, un peu après, le moment, que l’averse trempe le décor, va au bout de toi, maintenant, encore, obscur Tiré qui voit plus que tout, peu en soi sauf un trait de joie, de bonheur, si parait claire la renaissance (et sans te confondre, quelqu’un dit bonjour), le film se poursuit, ne racontant rien (hors les deux, pas d’histoire) ; mais une faiblesse qui s’insinue, dans la raucité de la voix, à l’épigastre, et puis le ventre un peu gonflé, que tu fais l’effort de rentrer, les fesses qui sortent trop, l’objet serré — ça te rappelle les poses, où pour la galerie familiale, on plaçait sur le bord, forme noire baissée, ton anormalité — dans le cadre (quand devient-on, à force de s’imaginer), des fois tu sautes ta respiration, changeant de rue sans raison, ou parce que l’éclairage grisonne mieux — en des endroits — sur les façades des vraies maisons, entre les fils électriques, tortillonnés sous les nuages, de maigres branchages, contre la cire usée, rêche, des feuilles de gommier, qui se violacent comme un sphincter, quelquefois une couleur inattendue peut te séduire (tu dis : ne pas se fatiguer, s’étourdir, dans du moche, de la laideur), sinon tu restes à ras de terre, de bitume crevé, au niveau des poubelles, du reflet des plastiques ; va, Tiré, où tu vas, ton âme sa misère, quand on lui parle la mort s’enfuit de ce bas-fond ; sinue sans dévier, tel un coupeur d’ongles ou des vendeurs de bonbons, un cordonnier mobile, mais eux routinent leur direction, sans vouloir l’usure que tu cherches, de la part trompeuse du corps, que tu ne te reconnais pas, celle qu’on appelait toi, par ignorance puis aveuglement, ou coupable dessein de te conformer à l’image (sur les photos on ne te voyait pas, juste une tache noire de lumière), tu remarques en marchant que les hommes vivent sans yeux, captifs de leur tristesse, bruitant le jour, le temps et les gestes d’eux-mêmes, deviennent oublieux — toujours, pas éteinte, une faute contre les dieux, la mauvaise réponse à l’interrogatoire (toi, riant de son idiotie), trouant le ciel la question de savoir, si et combien de fois, volontairement ou par hasard — déjà les avenues, le nom des boulevards, les buildings vitrés, la foule de chacun fixé à son ilot, une mer qu’on agite, avec les pieds, la main, un soleil de glace, l’entaille des caniveaux ; aller vers les joueurs aux dames, des rues plus loin, sous l’auvent de boutiques, prendre la place, et faire semblant, pour gagner la partie ;
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Tirésias de nuit (9)
tu gardes assez de mémoire pour aller, loin, n’importe où, sans lumière ; et l’œil à tout, aux angles, à l’arrière, les fruits colorés sur des charrettes à bras, les décoctions amères, sombres, visqueuses, de bogues ou du cuir des arbres, les creux du sol mouillé (ruptures), les tenues de police (oubli de ton identité), quoi qui diffère d’hier, que ça casse, un peu avant, un peu après, le moment, que l’averse trempe le décor, va au bout de toi, maintenant, encore, obscur Tiré qui voit plus que tout, peu en soi sauf un trait de joie, de bonheur, si parait claire la renaissance (et sans te confondre, quelqu’un dit bonjour), le film se poursuit, ne racontant rien (hors les deux, pas d’histoire) ; mais une faiblesse qui s’insinue, dans la raucité de la voix, à l’épigastre, et puis le ventre un peu gonflé, que tu fais l’effort de rentrer, les fesses qui sortent trop, l’objet serré — ça te rappelle les poses, où pour la galerie familiale, on plaçait sur le bord, forme noire baissée, ton anormalité — dans le cadre (quand devient-on, à force de s’imaginer), des fois tu sautes ta respiration, changeant de rue sans raison, ou parce que l’éclairage grisonne mieux — en des endroits — sur les façades des vraies maisons, entre les fils électriques, tortillonnés sous les nuages, de maigres branchages, contre la cire usée, rêche, des feuilles de gommier, qui se violacent comme un sphincter, quelquefois une couleur inattendue peut te séduire (tu dis : ne pas se fatiguer, s’étourdir, dans du moche, de la laideur), sinon tu restes à ras de terre, de bitume crevé, au niveau des poubelles, du reflet des plastiques ;
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Tirésias de nuit (4)
des graphes que font tes seins, qui naissent patiemment, te masse le plaisir du tissu léger, leurs crêtes érigées par les injections, boussoles tactiles choisissant le lieu, la place où le jour, sang sur le coton, va venir mourir, et tu reviendras ‒ parfois ton long nez, en partant, s’élève, humant les distances, crâne renversé, alors comme si nu, grisé, tu te lances, les voutes tendues, en l’étroit chemin, l’arête fine autant que ton rêve grand dans la ville énorme, tu ne fermes pas, laissant tout derrière, gangue de ta jeunesse ‒ oh Tiré, ton cul, tes jambes de cheval, l’équerre qui se trace, de la voie, de l’air, avec ta fierté, lèvres un peu pincées dont se moque Éros, ton élan superbe dans le premier plan, les bulles remontant des vases devant, l’odeur d’aquatique, d’hormone, de safran, jetée sur le vert, son grain qui s’étire, si noir si dense, doux contre ta peau, et pas d’humains qui te regardent ‒ moment seul où passant ce gué rien n’abime cette brève joie ‒ à suivre le trait ni vraiment de terre et ni vraiment d’eau, entre dix mille fleurs au bout de leurs mâts, qui s’ouvrent, dressées, et qui engloutissent des bourdons velus et de minces guêpes,
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Tirésias de nuit (2)
Long poème d’une marche dans la ville, suivant le rythme de son « personnage », Tirésias de nuit est livré par fragments ; il importe si l’on prend la lecture en cours de route, de lire les « épisodes » précédents.
bruits d’enfants sales, de vaisselle, toi, dessine, sur une page de ton carnet, la ligne courbe infinie, l’entrée du matin, sa lumière malgré le tourment : affronter dehors, l’addition des masses, sa candeur, son obscénité, le flou de l’image, la peine du cerveau (voir et transcoder), puis ventre vidé, s’assoir sur la couche, fixer rien devant, ne plus exister une seconde au moins (oblige à penser une impesanteur) ‒ des bouts de paroles, des gamins qui vont, avise-toi, par le biais cassé du miroir, de la propre disparition des traces et du remords de la nuit ; joindre, recoller les hachures du temps, ce qui s’éparpille, malaise soudain, inconfort du sang, chaque aube creuse un puits au seuil de ta porte, un remugle au fond, empêche que tu sortes, te retient l’élan, vrai que tu hésites d’aller jusqu’au soir dans la crudité ‒ on entend bourdonner l’instant, son pas lent qui traine parmi les murs, diverge du rêve véloce, quasi divin, tourne encore un peu, rattrape la main, humaine envers toi, suivant son destin, celle qui t’emmenait à la minutie, la surconcision, au précis réel, loin du jour, son indistinct,
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l’imprévu du dehors
Ou des fois, lampe éteinte, devenir le vitrage sur qui les formes glissent, joindre l’imprévu du dehors aux tableaux qu’on fabrique, des mini hasards dans l’image, des accrocs de temps, l’hésitation rare d’un passant dont le regard trébuche, qui sitôt se reprend, s’efface, court devant, vers ce qu’on ne voit pas. Confondre les plans et ne plus sortir. Une couleur parfois plonge de côté dans la noirceur. Ou, comme un dimanche, rien ne bouge. On flaire la durée, on renifle l’instant, tout devient affaire de sentir. On piste la forme des odeurs. Vénus pense à Zoé ‒
Vénus en son salon #41
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l’inquiétude des bêtes
On aime ces dévers, où gite une vie prudente, que personne ne voit, ces figures du côté qui penche, nous incline. En vivant l’inquiétude des bêtes dans leurs trous. La façon dont elles causent aussi, le verbe sous le masque des futilités, comment elles écoutent jusqu’à perte de son. Vénus dit la tanière en parlant du salon ‒ plutôt pour se moquer de toute l’obscurité mise derrière les façades. Leurs faux-airs de clarté. Les gens ignorent habiter pareillement sous la terre. Nous d’emblée on préfère le bas, l’enfoui, le caché, Vénus dit encore chérir la lumière.
Vénus en son salon #38
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souvent Vénus se repose
Dans le verso, ici, de la lumière, où nulle force mâle ne violente les mots, où ne rampe la puissance d’énoncer une faute, ce jeu cruel des dieux, de leurs pendants humains, souvent Vénus se repose. L’ombre étire le réduit, des fleurs la petitesse, un convoi de fourmis, les courbes d’une rivière sur le ciment qui mousse. Abri que cette image, du lieu en noir et blanc, que sa douce rigueur, la vérité sonore des choses indécises. Mais au soir, passant par dessus, la couleur s’en mêle et décline les teintes, outre l’orange crépusculaire, de l’oubli qu’on se fabrique ‒
Vénus en son salon #35

