— plus qu’une heure ou deux, le cri des muezzines, voix rauques, amplifiées, qui strieront le ciel ; que l’aube cruelle, troublée te dévoile, mi-paré mi-nu, sans bien reconnaitre ton corps, ton visage, dressant l’inventaire, lambeaux arrachés à l’opacité, des bouts de ténèbres, squames d’ambigu, qui vont au ruisseau, se mélangent à tout, fèces, eau de vaisselle, surnagent les pluies — quand de l’extérieur (le monde confus), tombe un peu de clair sur le miroir, tu ne te vois plus, tes yeux te possèdent, il faudra partir, et partir dis-tu à partir de toi, du déchirement d’anciennes gravures, défaire ton image, te recevoir — l’élobi s’éveille, qui n’a pas dormi, ni toi et le mort, sauf quelques poussins dans leurs nids flottants sur la pourriture, les excréments, dors-tu maintenant que le verbe ami, en te séparant, fragile, te libère, que nait de ton ventre un tout nouveau dit, le dit de ton corps, du corps de toi, et qu’importe, Tiré, si l’on ne t’écoute, qu’on ne le voit, les sexes-lotus embaument le temps, prennent la traverse, chacun solitaire, dix-mille, vingt pas mais quelle importance, tu entends les notes d’un jacana, hâtives, perplexes, ouvre, ferme Tiré, tes yeux, ne sors pas — toujours, les mêmes chiens gueulent contre la nuit
Fin
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